“Pour le meilleur et pour le pire”, par Saint Pete Fromm

Mimiche - 27.01.2020

Livre - Pete Fromm - désir ardent - partager existence couple


ROMAN ÉTRANGER – Depuis toujours, Maddy s’était dit qu’elle ne serait jamais avec un type de son âge, toujours immature, ni avec un « passeur », un de ces mecs gonflés à la gym, style mannequin, qui passe son temps sur les eaux tourmentées des rivières de la région à accompagner des touristes en mal d’émotions fortes dans des rafts. Non, ça jamais !



 
Plutôt, oui, plutôt un gars comme Troy, plus âgé qu’elle, pas style mannequin, certes, mais pas mal quand même ! Un gars avec une maison, des chevaux ! Comment faire plus « western » dans le Wyoming ?

Aussi, lors de la fête organisée pour l’ouverture de la saison de raft, alors que Troy discutait boulot et chevaux avec un collègue et que Maddy et son amie Alissa faisaient un peu tapisserie près du fût de bière, cette dernière en avait repéré « un d’intéressant » dans l’assistance. Et Maddy savait bien qu’il n’y en avait pas beaucoup qui résistaient à Alissa !

Alors, comme elle ne supportait pas qu’on échappe à ses attraits, Alissa avait attaqué la première. Mais avait fait chou blanc ! Même si elle avait quand même réussi à lui faire avouer son prénom : Dalton !

Cependant, Dalton n’avait pas été totalement insensible aux deux amies et, après une première sortie à la pleine lune au cours de laquelle Alissa ne mettrait pas longtemps à comprendre que ses charmes ne viendraient pas à bout de l’attrait réciproque, et Maddy et Dalton finiraient par y céder, lors d'une deuxième sortie, plus secrète, en tête à tête, à la pleine lune suivante.

Alors Maddy va renier toutes ses convictions ! Dalton est du même âge qu’elle. Il est passeur. Et son aventure avec lui commence alors même qu’avec Troy, ce n’est pas complètement ni explicitement achevé !

Et c’est dans une immense histoire d’amour qu’ils vont plonger tous les deux, pour le meilleur et pour le pire, jusqu’au bout de leur « désir le plus ardent ».
J’ai ouvert dans ce roman avec encore dans les yeux les lignes dévorées dans mes précédentes lectures de Pete Fromm, qui m’avaient totalement enchanté comme  Le nom des étoiles  ou encore  Lucy in the sky.

On retrouve, dans Notre désir le plus ardent, cette vivacité, cette liberté d’écriture et de ton, ce même que ces grands espaces américains où la nature semble encore s’offrir sauvagement à tous ceux qui veulent la découvrir.

Alors pourquoi suis-je ressorti de cette lecture un peu déçu ?

Certainement parce que la trame générale sent un peu trop l’eau de rose même si l’histoire qui y est racontée est bien loin du long fleuve tranquille. Et si les passages les plus émouvants ne sont pas larmoyants, car ils conservent toujours une ironique distance avec les événements les plus sombres, il n’est pas toujours aisé de s’affranchir d’une impression de déjà lu, de déjà éprouvé.

Certainement aussi parce que les sauts temporels entre chapitres sont parfois trop importants. Certes, il n’y a rien à ajouter dans une continuité évidente de la vie, qui pourrait devenir lassitude et monotonie pour le lecteur, mais celui-ci ne peut manquer d’être perturbé à se sentir ainsi écarté de l’histoire pendant ces périodes suspendues et totalement effacées. Peut-être y’a-t-il eu trop de « coupures au montage » ?
 
Certainement enfin parce que certains chapitres (la visite d’Alissa pour ne citer qu’elle) semblent plaqués sans « avant » ni « après » dans le déroulé de l’histoire. Sans être exploités autrement que comme une parenthèse au milieu du temps qui passe, comme une accroche au milieu d’une interruption d’image qui, sans cela, aurait été trop longue.

En revanche, ce livre reste une ode magnifique à l’amour absolu, généreux et philanthrope même, qui transcende tous les obstacles au bonheur que les aléas féroces de la vie peuvent mettre sur le chemin d’êtres qui ne souhaitaient rien d’autre que vivre tout intensément à deux puis à trois.

Qui rend la vie possible quand elle ne l’est plus vraiment. Qui donne tout son sens au « pour le meilleur et pour le pire ». Qui est partage et don de soi. Qui est la puissance terrassant les montagnes. Envers et contre tout obstinément. Sans retenue, ni restriction, ni arrière-pensée, ni réserve.

Bref un truc qui pourrait encore laisser un espace pour qu’on puisse continuer à croire en l’Homme !



Pete Fromm, trad. Juliane Nivelt — Mon désir le plus ardent — Gallmeister — 9782351787120 – 9,20 €


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