Poussière rouge : De Lagos à Aberdeen, Jackie Kay en quête de ses racines

Mimiche - 13.05.2013

Livre - origine - Ecosse - adoption


Joy est née en 1961 à Édimbourg des amours sans lendemains de Jonathan, un étudiant nigérian qui suivait des cours d'agriculture et de sylviculture de l'Université d'Aberdeen et d'Elizabeth, une infirmière issue d'une famille écossaise catholique peu encline à admettre en son sein une enfant de couleur dont le père avait, entre deux devoirs, choisi celui de rentrer au pays pour s'y marier avec celle que sa famille lui avait choisie.

 

La petite Joy est alors adoptée par John et Helen KAY, des Écossais tout ce qu'il y a de plus blanc et de plus engagé danse toutes les luttes humanistes de l'époque. John et Helen ont déjà d'ailleurs adopté un enfant de couleur, Maxwell. Joy va devenir, dans leur famille, Jackie KAY.

 

Près de trente ans plus tard, Jackie KAY entreprend la recherche et les tentatives de rencontre avec ses parents biologiques qui, chacun de leur côté, se sont engagés dans une autre vie dont elle ne fait pas partie et dans laquelle, chacun avec ses propres motivations, ils font preuve d'une certaine réticence à l'y inclure même s'ils peuvent éprouver une certaine dose de plaisir à la voir débarquer, tant d'années après, dans leur horizon.

 

À près de quarante-cinq ans, Jackie KAY, qui revendique haut et fort son lesbianisme, sera nommée Membre de l'Ordre de l'Empire britannique (MBE) pour sa carrière d'écrivaine et de poétesse.

 

La « Poussière Rouge », c'est la poussière latéritique qui s'envole sur les pistes de l'Afrique. Ces pistes que Jackie KAY va emprunter pour retrouver son père biologique après avoir retrouvé sa mère biologique dans les Highlands.

 

Ce livre est le récit de ces phases d'approche prudentes, mais délicates que l'auteur a engagées pour savoir et connaître, aidée en cela par des parents adoptifs dont l'amour à son égard ne s'est jamais et ne se sera jamais démenti, n'a jamais pris ombrage de ces démarches, ne s'est jamais senti mis en danger par elles.

 

Alors qu'Élisabeth et Jonathan sont pénétrés de religion, Jackie, forte de son éducation, est un esprit libre qui accepte, mais ne comprend pas toutes les cachotteries que ses parents biologiques tentent de faire à leurs familles respectives alors qu'elle ne désire rien plus que rencontrer ces demi-frères et ces demi-sœurs dont elle découvre progressivement l'existence.

 


Ce sont de belles pages que cette recherche de ces racines dans une Écosse bien blanche qui, dans les années soixante, affiche encore ouvertement son racisme de couleur dont John et Helen feront tout pour protéger leurs deux enfants.

 

Jackie KAY n'a jamais manqué d'amour dans sa première vie. Mais immanquablement, comme la plupart du temps pour les enfants adoptés, c'est une force supérieure qui la pousse à découvrir une deuxième vie qui n'existe pas et qui est celle qui aurait pu être si les si permettaient vraiment de changer le cours de choses.

 

Mais ce n'est pas obligatoirement pour changer les choses qu'elle a entrepris cette quête. C'est pour savoir. Pour découvrir aussi ces origines multiculturelles. Et c'est quand  même l'occasion d'un récit d'une qualité, d'une sensibilité, d'un réalisme et parfois d'une poésie bien agréable.

 




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