Presque minuit : course contre la montre dans un Paris steampunk

Bouder Robin - 31.01.2018

Livre - presque minuit - steampunk jeunesse - grand prix 404


Presque février, et les éditions 404 nous présentent le gagnant de leur toute première édition du Grand Prix 404, lancé il y a un an en partenariat avec Le Point Pop. Avec son tout premier roman, Anthony Combrexelle – plus connu sous le pseudonyme de Yno pour les amateurs de jeux de rôle – vous propose de remonter le temps dans une aventure sympathique au cœur du Paris du XIXe siècle. De jeunes héros, des monstres, de la magie, une course effrénée pour sauver la capitale… De la jeunesse ? Oui, mais avec une tonalité bien plus sombre que ce que l’on pourrait imaginer…



Presque minuit, Anthony Yno Combrexelle, 404 Editions

 

Ils sont six : Moignon, Allumette, Boiteux, Bègue, Morve et la petite Pleurs. Orphelins échappés du pensionnat, les jeunes compères ont appris à se débrouiller par eux-mêmes, dormant dans leur cachette dans les égoûts et vivant de petits larcins. Jusqu’au jour où le jeune Boiteux, au cours d’une combine comme une autre, dérobe un objet qui verra leur vie bouleversée à jamais. Du jour au lendemain, voilà les six enfants lancés dans une aventure qui les fera rencontrer d’étonnants personnages et affronter de terrifiants ennemis.

Une intrigue plutôt classique pour le lauréat du Grand Prix 404, concours d’écriture lancé début 2017 sur la plateforme 404 Factory. Presque minuit ne révolutionne pas le genre et ce n’est pas son ambition ; si l’histoire n’est pas dénuée de grossièretés ou de maladresses, c’est dans l’univers décrit et la petite bande de héros que le roman trouve son intérêt.

Nous nous trouvons en plein Paris, à l’époque de l’Exposition universelle de 1889, cadre idéal pour installer une ambiance steampunk où se mêlent magie et technologie. Combrexelle s’amuse ainsi à parsemer la capitale de lieux étranges et de machines incroyables cachés aux yeux des humains, et que le lecteur découvre avec un certain plaisir avec les orphelins.
 

Arpentant Paris de nuit : sans chiffonnier, pas de papier, pas de journaux


Pour ce qui est des protagonistes, on suivra avec plaisir les six personnages principaux dans leurs tribulations, notamment Boiteux, le plus sympathique d’entre eux, largement mis en avant dans l’intrigue par rapport à ses compères. Les personnages secondaires en revanche, mis à part Georges l’inventeur aux allures de grand-père protecteur, sont bien trop superficiels, voire interchangeables.

Si certains, comme le cambrioleur que l’on aperçoit le temps de deux ou trois pages à deux reprises dans le livre, ne servent absolument pas à l’intrigue, d’autres, notamment les gardes de la sorcière, manquent de personnalité et se retrouvent introduits dans l’histoire avec maladresse ; les soldats Némo et Joris disposent ainsi vers la fin du roman d’un chapitre « flashback » à l’intérêt discutable, qui empiète plus sur l’histoire qu’il ne l’aide.

L’on arrive ainsi à l’autre point noir du livre : la narration parfois maladroite, qui n’hésite pas à opérer des bonds dans le passé aussi brutaux qu’étranges. Le lecteur se sentira certainement perdu à plusieurs reprises, ces flashbacks n’étant pas toujours annoncés, d’autant plus qu’ils ne sont pas nécessaires et font plus office de remplissage que de soutien à l’intrigue principale ou à la psychologie des personnages.

Bien heureusement, l’auteur se rattrape sur les moments d’action, notamment sur la dernière partie du livre : Combrexelle prend le temps de peaufiner sa bataille finale, pour un résultat très convaincant qui nous fait avaler les cent dernières pages d’une traite. D’autant plus qu’il nous laisse sur une conclusion pour le moins inattendue, abrupte et en profond décalage avec le début du roman. Une fin qui en contentera certains, qui en dérangera d’autres, mais qui surprendra à coup sûr la majorité.

Par ailleurs, l’aspect du roman qui déconcertera le plus est justement sa relative noirceur à certains passages, qui dénote dans une écriture clairement destinée à la jeunesse. Ainsi, l’auteur ne fait jamais dans la dentelle : sang, mutilations, morts qui nous glacent le sang… Un tableau qui a de quoi étonner puisque les personnages principaux ont entre 7 et 15 ans. Mais il est toujours rafraîchissant de voir prendre de tels risques, qui plus est dans un premier roman.

En somme, malgré quelques soucis de narration et une psychologie des personnages que l'on aurait voulue plus poussée, Presque minuit se rattrape grâce à sa maturité et nous offre finalement une sympathique excursion dans la steampunk jeunesse, de la part d’un auteur qui possède la solide maîtrise de son univers et ne s’interdit rien.

 

Anthony Yno Combrexelle – Presque minuit – 404 Editions – 9791032401644 – 16 €




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.