Quand on n'a que l'amour – et quand on ne l'a pas, ou plus

Nicolas Gary - 13.04.2018

Livre - poids monde amour - David Thomas roman - fragments amour scènes


Parlons d’amour. Et de cul. Et d’amour dans le cul. De sodomie, pourquoi pas : de ceux qui tentent, de celles qui n’aiment pas, mais alors pas du tout. Parlons de tendresse, de calins, de mots parfois tendres. De cet instant de grâce post coït. Ou de pourquoi il arrive qu’il faille quitter un homme à cause d’un chat.



 

 

 

Microfictions : quelle bien étrange manière de décrire l’art dans lequel David Thomas s’ébat gaiement. Il faut dire que c’est brillant. Déconcertant aussi, tant la brièveté prend de court. Alors soit : imaginons un immeuble à la Pérec, où chacun des habitants — des dizaines ! — témoignerait d’un instant d’amour de sa vie.

 

Cela permet déjà mieux de se figurer un cadre, parce qu’en réalité, il n’y en a aucun. C’est une centaine de récits explosifs, débordants de vie, qui s’enchaînent : un se figurerait mieux encore, dans une chambre rouge, les photos passées dans le bac révélateur, et suspendues à un fil, en attendant de dévoiler pleinement ce qu’elles ont capté.

 

Si le haïku s’impose en quelques quatorze syllabes pour évoquer, suggérer et frapper l’imaginaire, les portraits de David Thomas participent de cette même impulsion : capter un fragment, un témoignage, du monde amoureux. 

 

Un adolescent et sa mère détestée :
de la haine à la rage

 

Par exemple, cette femme passionnée par le pénis des hommes, qui ne cherche aucun contact, et peut jouir simplement en se caressant, à la vue du sexe. Ce gay insatiable de sexe, jusqu’à l’avoir rencontré, lui, sa moitié désormais. Puis ces rougeurs qui apparaissaient durant ses orgasmes, et ont un jour disparu.

 

Ou la meilleure copine, qui entend, écoute et console, mais reste seule. Cet homme qui se fait prescrire par son médecin deux rapports sexuels par semaine, pour lutter contre la déprime qui le gagne. Une lesbienne, pour qui l’amour est souffrance, depuis toujours, tant il est possessif. Et puis, la femme bio, pour qui le sexe doit être bio…

 

Le genre peut devenir ingrat : rien de simple à brosser un tableau aussi concis — et pourtant si complet. Ces microfictions donnent la parole aux femmes et aux hommes que nous sommes, pourrions être : une centaine de voix qui se font écho, sans même se connaître. Mieux : ignorant tout, les unes des autres, et parlant toutefois de ce qui nous relie tous. 

 

Fil conducteur, l’amour nous guide de l’espoir aux bassesses, des euphories aux larmes. Célibataire, en couple, c’est compliqué — ou bien trop simple — autant de situations, croquées ici. Plus que des saynètes, on assiste à des instants de la plus grande intimité.

Tandis qu’on en achève une, le goût de la suivante monte à l’esprit, alimenté par un style limpide. Les mots sont rares, finement posés : la blue note résonne, à travers des tranches de vie si parfaitement rendues qu’on se souvient les avoir vécues. 
 

 

 

David Thomas – Le poids du monde est amour — Éditions Anne Carrière — 9782843379000 – 16 €
 




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Pour approfondir

Editeur : Anne Carriere
Genre :
Total pages : 250
Traducteur :
ISBN : 9782843379000

Le poids du monde est amour

de David Thomas(Auteur)

Ce recueil rassemble des microfictions autour d'un thème fluctuant et insaisissable qui nous concerne tous : l'amour.

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