Qui veut la peau de Marc Levy ? de Gordon Zola

Clément Solym - 26.05.2010

Livre - assassiner - auteurs - kidnapper


Difficile question que nous pose l’auteur désormais fameux de la série Saint-Tin, laquelle fait marrer tout le monde sauf Moulinsart. Foin de journaliste parcourant le vaste monde, retrouvons cette fois l’inspecteur Guillaume Suitaume – eh oui, ça commence forte – et son assistante Purdey Prune.

Lesquels font face à une bien sordide affaire : un certain Le Bec kidnappe d’un côté des auteurs prestigieux (Levy, Beigbeder, Poivre d’Arvor…) et de l’autre, en massacre d’autre… avec la complicité d’oiseaux devenus des tueurs nés.

Affaire fâcheuse, pour la gloire de la littérature française, certes, pour les éditeurs respectifs de ces braves gens, re-certes, mais principalement parce que l’on colle une sacrée pression à notre inspecteur pour qu’il élucide ces mystères. Pas de panique, Guillaume n’est pas homme (hé, hé…) à se défiler en pareilles circonstances…

Des pigeonniers plongeants, en décolletés déplumés, nous voici donc partis pour une aventure improbable, entre l’univers de l’édition affolé et les ornithologues les plus éminents. Et les plus obsédés.

Sic.

Aussi ne faut-il pas couper la plume en quatre.

Si l’intrigue de ce roman policier est tirée par les cheveux comme pas permis, elle permet surtout les pires calembours de la création et les blagues les plus osées. Pas une page où le lecteur ne pousse un soupir devant un crapuleux jeu de mots, quand ce ne sont pas les intempestives interventions directes de l’auteur, bien décidé à ne pas nous laisser seuls avec ces disparitions.

On écorche gentiment les grandes stars du livre en France, on bouscule quelque peu les bienséances d’un coup de croupion bien balancé – jusqu’à faire apparaître Arielle Dombasle en femme éplorée dont le BHL fait partie des kidnappés… Délicieux !

Probablement son meilleur rôle...

Allez, il faut le reconnaître, c’est parfois un peu trop : pas le temps de se reposer l’esprit avec deux lignes un peu sérieuses – on n’en demanderait pas moins de temps en temps, juste pour souffler.

Le rythme un peu trop soutenu des plaisanteries diverses et à tiroir casse l’intrigue, dont on se demande si elle n’est avant tout pas un prétexte…

Mais qu’importe finalement : des livres comme celui-ci, j’en redemanderai bien une grosse poignée à mon libraire. Pour une fois que l’on s’amuse vraiment en lisant… pourquoi se priver ?

Retrouvez Qui veut la peau de Marc Lévy, par Gordon Zola, sur le site de l'éditeur.