Richard Wagner : jamais on n'avait écouté de musique ainsi

Florent D. - 09.01.2013

Livre - Richard Wagner - compositeur - musique


Ah, Richard… Outre ce que le prénom peut avoir de royal, et ce, malgré ses consonances, il a probablement été immortalisé par le compositeur qui le porta aux nues. Non, pas Strauss, Wagner. Richard Wagner… un seul créateur vous manque et tout est dépeuplé, Valhalla et autres territoires divins compris. C'est probablement ce qui justifie que Woody Allen ait déclaré à qui voulait bien l'entendre que tes chansons, cher Richard, lui donnaient envie d'envahir la Pologne. 

 

 

Comprends-le, il a raté sa vie : jalousie d'humoriste incapable de considérer autrement une croche et une noire comme les prémices d'un opéra fantastique. Car avec toi, Richard, rien ne se dépeuple, rien ne se vide, sinon les bourses de tes créanciers, un peu naïfs, et fort nombreux, à qui tu as emprunté de rondelettes sommes. Eh, quoi ! Il faut bien que le génie vive…

 

2013 marquera d'ailleurs, pour la pause culturelle, le 200e anniversaire d'une naissance qui, dans l'intervalle de partitions puissantes, fit revivre des cultes chthoniens, des légendes nordiques, des mythes éternels. Autrement dit, comme le chantait Aragon, « c'est si peu dire que je t'aime », Richard.

 

Ravivant la flamme allemande, et son goût pour la tragédie, parfois en dépit du public lui-même, exacerbant, du fait d'un douloureux contexte, les haines religieuses, Richard va créer. Et ce, sous la bienveillante et lucrative, latitude du jeune monarque Louis II de Bavière. 

 

Et dans son roman, c'est tout en même temps l'arrogance, l'audace et l'assurance que Vincent Borel livre du fantasque compositeur. Une vie d'artiste, et de génie, romancée, et pourtant loin d'être infidèle à l'homme. Et surtout, un portrait  qui ne verse jamais dans la banale admiration, qui rend les biographes régulièrement fadasses. Humain, ce Richard l'est diablement - simplement, ses compositions, son talent, soulèvent l'enthousiasme d'une Europe qui l'avait presque enterré. 

 

 

Vincent Borel

 

 

Déchaînant les passions, la musique enivre, et il faut la béate - benoîte ? - admiration, quasi révérencieuse, du monarque pour maintenir la lecture à distance. Grâce à ce personnage, on ne plonge pas dans la bigoterie. Parce que ce le véritable Richard n'est pas la stricte émanation musicale. Il est de chair, d'os, de notes aussi. 

 

Tantôt souffreteux, tantôt malade de petites contrariétés, le compositeur ne nous épargne rien de sa petitesse ; par-dessus son épaule, le lecteur découvre d'un côté l'écriture de ses pièces majeures, et de l'autre, la vie quotidienne : les amours, les adultères, les rares remords, les instants de grâce, la magie créatrice, entrecoupée de cruels doutes. 

 

En fait, Richard W. porte un juste titre : derrière l'illustre, c'est de l'homme qu'il s'agit. Et rien d'humain ne peut lui être étranger. Loin des chevauchées de Walkyries, Wagner cède le pas à Richard. 

 

On n'avait jamais écouté de musique ainsi...

 




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