Rien ne s'oppose à la nuit - Delphine de Vigan

Pauline - 12.03.2012

Livre


Rien ne s’oppose à la nuit, tout le monde en a déjà parlé et j’arrive après la bataille ! Mais ce n’est pas grave, je vais vous en parler quand même ! Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, ceux qui étaient à l’autre bout du monde à la rentrée et ceux qui vient en ermite !

Il faut dire que je l’ai eu dans mes étagères au moment où il est sorti puisque je l’avais reçu en bonus dans le cadre des matches de la rentrée littéraire de Price Minister c’est vous dire si ca date ! Mais entre temps il a quitté mon étagère et est parti voyager chez mes parents ! Parents qui comme tout le monde ne m’en ont dit que du bien !  Sauf que je savais aussi qu’il n’était pas bien gai et je n’étais pas disposée à cette lecture cette automne après quelques lectures un peu difficiles !

J’ai fini par me lancer, et contrairement à une amie qui l’a lu récemment également, je savais dans quoi je me lançais !

Alors pour ceux qui ne connaissent pas encore l’histoire (parce qu’ils n’ont pas regardé la vidéo de la Grande Libraire qui avait fait polémique) il s’agit du récit de la vie de la maman de l’auteur. On le sait dés le départ, Delphine de Vigan, retrouve un jour le corps sans vie de sa mère, soixante-et-un ans suite à son suicide. Toute sa vie Delphine a vécu dans la terreur de ce moment et finalement celui-ci arrive au moment où elle s’y attend le moins. Alors pour comprendre le geste de sa mère, elle décide de remonter son passé et demande des archives à toutes la famille et notamment les nombreux frères et sœurs de Lucile.

L’histoire commence donc lorsque Lucile, la mère de Delphine, est encore une fillette et que déjà elle se prend la dure réalité de la vie en plein coeur. Et déjà à cette époque, elle n’apprécie que peu la compagnie de ses frères et sœurs. Au fil des ans, on se rend compte que cela ne fait qu’empirer. Des drames familiaux, des secrets révélés tardivement, des révélations auxquelles personne ne sais s’il doit croire ou non. Tout cela s’enchaine et on se rend compte que la vie de cette famille est loin d’être « un long fleuve tranquille » comme dirait Etienne Chatilliez. Du coup au fil des pages on comprend aussi que cette fin était inéluctable, malgré les périodes de répits dans une vie plus que mouvementée !

J’ai apprécié l’alternance de récit de la vie de famille avec les doutes, les interrogations que se pose l’auteur au cours de son écriture car cette alternance permet de reprendre ses esprits. Ce qui m’a surpris dans ce texte, c’est qu’à part une ou deux fois, l’auteur ne parle pas de « sa mère » mais toujours de « Lucile », comme pour prendre de la distance avec cette mère malade qui ne fut pas celle dont elle rêvait, prendre de la distance avec cette famille qu’elle ne veut pas heurtée avec ce livre. Delphine de Vigan nous livre ici un bel hommage autobiographique, plein d’émotion et d’amour mais sans pathos. Il n’y a pas de moments clichés malgré quelques longueurs par moment, notamment sur le ressenti de l’auteur non pas sur sa relation à se mère mais sur ces doutes au moment de l’écriture.