Roman amérindien : Les rêves rouges

Maud Gaucher - 30.06.2015

Livre - adolescence - racisme - apprentissage


Lachlan a 14 ans et vit seul avec sa mère, la courageuse et honnête Flower Ikapo, non loin de leur communauté d'origine, les Okanagan. Parce qu'il noue une relation avec la nouvelle du collège, Daffodil, trichomaniaque et vite surnommée « l'anormale » par les autres élèves, Lachlan s'éloigne de ses amis d'enfance, Edward et sa bande, dont la cruauté et la violence l'ont poussé à vivre des situations dangereuses.

Avec Daffodil, il rêve de voir Ogopogo, monstre mythique des légendes amérindiennes censé hanter le lac Okanagan. Un jour enfin, ils aperçoivent la créature lacustre. Mais quand Daffodil en parle au collège, personne ne la croit et Lachlan ne dit rien. Choquée par son silence, Daffodil le frappe violemment. Peu après, Lachlan découvre dans son jardin une banderole de mots injurieux : « Red-Faced ». Il devient alors la cible d'un mystérieux tireur de billes d'acier.

C'est par le regard d'un adolescent lucide et drôle que le lecteur entre dans l'histoire et le roman. Il plonge ainsi au cœur des légendes amérindiennes méconnues du nord de l'Amérique.


Les thèmes sont nombreux dans ce roman, peut-être un peu trop : la relation monoparentale entre une mère et son fils, le droit des femmes, le racisme, l'amour adolescent, la drogue et bien d'autres encore. S'ils sont abordés avec beaucoup de bon sens, sans trop de manichéisme, ils ne sont pas toujours assez approfondis.

Cette diversité permet néanmoins au lecteur de s'y retrouver, de s'identifier sans doute et de puiser un début de réflexion. Par ailleurs, l'écriture de Jean-François Chabas fait de Les rêves rouges une lecture agréable. En moins de 300 pages, le lecteur entre dans un récit mêlant habilement humour et gravité, fantastique et triste réalité. Il appréciera également les quelques personnages atypiques et très attachants qui font la communauté de Lachlan.