Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Roman démoniaque : Le Démon des brumes

Morgane Vasta - 07.10.2013

Livre - Épouvante - Damnation - Amour


Il s'appelle Melvil et il est nouveau au lycée. Physiquement, c'est « une image de synthèse de tous les chanteurs glamour, de tous les jeunes acteurs mélancoliques et boudeurs, des héros de tous les livres » qui font battre le cœur de Laura (défi relevé par le graphiste sur la couverture !), au grand dam de son petit ami Raphael.

 

Lorsque l'on fait la connaissance de Melvil, on l'apprécie immédiatement malgré la sensation diffuse de gêne, comme une fausse note perturbant une mélodie parfaite. Nous seuls, lecteurs, savons ce qui se cache derrière les apparences : le jeune homme est en réalité un démon millénaire et le nombre de victimes parmi les profs et les élèves sur son passage ira toujours croissant.

 

Sa technique est à ce point terrifiante qu'elle peut donner des sueurs froides aux lecteurs les plus téméraires : de jour comme de nuit, il fait vivre à ses victimes leurs plus grandes peurs, les torture en les laissant résister un peu puis les achève dans d'atroces souffrances. Le tueur implacable possède toutefois un talon d'Achille qui pimente singulièrement le récit : selon la légende, pour rester jeune et gagner en force, le monstre doit conquérir et garder le cœur de Laura.

 

Le Démon des brumes est une alchimie réussie entre une histoire efficace, diablement bien écrite, un texte qui oscille entre humour grinçant et ambiance angoissante et des personnages très élaborés. La créature incarnant le summum de l'horreur, c'est Freddy Krueger et ses longues mains aux griffes acérées qui se glissent dans nos rêves pour nous faire vivre une peur infinie. Dans Le Démon des brumes, Luc Blanvillain façonne littéralement (le passage est anthologique) un monstre autrement plus terrifiant.

 

Gageons qu'il rencontrera un succès mérité auprès des lecteurs !