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Roman envoûtant : La langue des bêtes

Charlotte Mada - 09.09.2015

Livre - histoires - cirque - marginalité


Petite vit heureuse au Puits aux Anges, sous un vieux chapiteau troué. Belle, sa mère, ancienne trapéziste à la main tordue et au corps meurtri de cicatrices et d'hématomes, n'est ni chaleureuse ni tendre, mais l'enfant ne manque pas de tendresse pour autant : le Père, un ogre aux mains gigantesques, Major Tom le nain, Colodi le ventriloque, Pipo le clown et Franco le tigre, l'entourent d'amour et l'élèvent dans l'idée qu'il faut croire aux histoires.

 

Ce bel équilibre est rompu le jour où les bulldozers débarquent pour construire une route. Petite est alors sommée d'aller à l'école où elle doit faire face à la méchanceté des enfants du Village. Quant à Belle, elle noue une idylle avec le Professeur, pour le plus grand désespoir du Père.

Alors que tout s'écroule peu à peu autour d'elle, Petite décide d'en appeler à la Bête de la légende du Puits aux Anges...

 

Dans la lignée du Cœur des louves, Stéphane Servant nous embarque dans un univers de secrets et de mystère où réalité et imaginaire cohabitent. Des êtres marginaux – une ancienne troupe de cirque qui a planté son chapiteau délabré et ses caravanes loin du village, à l'orée de la forêt – doivent faire face à l'hostilité des villageois et de notre société qui ne comprend pas qu'on puisse vivre proche de la nature et loin des conventions sociales.

 

Petite hésite entre ces deux mondes qui s'opposent : celui des animaux sauvages et des histoires, et celui de la Ville, si fascinant. Elle cherche aussi à comprendre Belle, cette mère si distante dont l'amour lui manque tant et qui fait chavirer le cœur des hommes. Quel secret cache-t-elle derrière toute cette tristesse ?

 

Dans une langue poétique et envoûtante, La langue des bêtes nous rappelle qu'il est essentiel de croire à la magie des histoires.