Roman incisif : Tant pis pour elle

Carole Desrousseaux - 14.03.2014

Livre


La jeune journaliste parisienne, Rebecca May, est envoyée dans la bourgade de Montchalin pour interviewer le maire. C'est le village de son enfance enfouie comme un secret. Et personne ne reconnaît la petite sœur de Bénédicte. Personne ? Vraiment ? A l'hotel des voyageurs, elle va rencontrer la jeune Zoé qui lui fait visiter le Manoir des Tanneurs. Elle se souvient…du suicide de sa sœur dans le cinéma et de toutes ces questions restées en suspens. Ce qui devait être une journée de travail se transforme en cauchemar… Aujourd'hui, un double meurtre. Un homme et une femme qui appartiennent au passé et à cette fameuse bande satanique d'antan. Débarque alors le jeune flic Kantowicz. Son enquête le mènera à un manuscrit de roman qui témoigne des faits réels qui se sont déroulés 15 ans plus tôt. La boîte de Pandore s'ouvre alors…

 

Polar mené le cœur battant ! Chaque chapitre est narré par un personnage essentiel de l'intrigue en alternance. Les personnages, un peu flous au début, se dessinent peu à peu. Chacun sa personnalité et son style. Un savant équilibre entre personnages machiavéliques, personnages attachants et personnages drôles. Les masques vont tomber un à un, et les vrais visages se mettre à nu.

 

Les éléments du passé sont distillés au compte-goutte comme pour mieux reformer le puzzle. On remonte le fil des évènements à la lumière du présent, et on ne lâche pas la lecture ! Les lieux sont décrits avec finesse et précision et participent à l'atmosphère parfois sombre et lourde.

 

L'intrigue telle un étau se resserre autour de la journaliste. On saisit alors l'ampleur de la tragédie. Tout se tient très bien. La tragédie devient vengeance. Les adultes d'aujourd'hui étaient les ados pervers et manipulateurs d'autrefois, et se font prendre à leur propre piège : jubilatoire !

 

Entre roman policier et polar, Tant pis pour elle est incisif, bien mené et tient en haleine le lecteur jusqu'à la dernière page. Une réussite pour Valérie Dayre et Pierre Letterier !