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Roman inside : Je m'appelle Budo

Eli Esseriam - 21.11.2013

Livre - différence - autisme - adolescence


Budo, l'un des deux héros de cette histoire, est extraordinaire. Il ne dort jamais, comprend tout à une vitesse folle et peut traverser les portes qui lui sont fermées. S'il est capable de ce genre de choses tout à fait hors du commun, c'est parce que Max l'a créé tel quel. Les gens embarrassés disent que Max est un peu “différent”. Ceux qui ne se voilent pas la face disent qu'il est autiste.

 

Obligé d'exister dans un univers étrange où tout, ou presque, lui est hostile, coincé entre une mère qui le souhaiterait autre et un père dans le déni, persécuté par Tommy (apprenti tortionnaire émérite) Max a été quasi forcé d'inventer Budo. Pour survivre. Pour avoir au moins une personne qui le comprenne et l'aime comme il est. Alors Budo voit tout, accompagne son créateur où qu'il aille, le conseille, le soutient et l'épaule. Mais le jour où Max est enlevé, son état d'ami imaginaire le limite grandement dans l'aide qu'il peut apporter. Pourtant, lui seul sait où il est...

 

Je m'appelle Budo est sans aucun doute né d'une pure idée de génie. Et ce génie a un nom: Matthew Dicks. Ce dernier traite avec talent, finesse et humour le délicat sujet de l'autisme, mais pas que ! Car, ne vous y trompez pas, ce livre n'a rien d'un traité misérabiliste sur la maladie mentale. Nous parlons ici surtout d'amitié, de combat intérieur, de difficulté pour chacun à trouver sa place ou se définir. Et ce n'est jamais prévisible, lourdingue ou moraliste. Bien au contraire: voilà une histoire folle, traitée avec ingéniosité, malice et originalité.

 

C'est déconcertant d'intelligence et de créativité! Attendez-vous, jeunes lecteurs, à être totalement surpris, désarçonnés et embarqués dans une réalité tellement plus attractive que la nôtre... Et si vous n'avez jamais eu d'ami imaginaire, Budo en deviendra très probablement un pour vous. Le meilleur même.