Roman insomniaque : L'Été de mes nuits blanches

Christelle Gombert - 27.04.2015

Livre - adolescence - vacances - insomnie


Gaël a beau grandir aussi vite qu'il peut, il ne rattrape jamais sa sœur Alix. À quinze ans, elle faisait le mur avec ses copines ; à dix-huit ans, le tour de l'Europe, sac sur le dos ; à vingt ans, elle intégrait Sciences-Po avec succès. La vie rêvée, quoi. Alors quand Gaël souffle sa quinzième bougie, il s'attend à ce que sa vie nullasse démarre, enfin. Mais rien ne change. Il attend toujours que le populaire Vincent veuille bien l'intégrer à sa bande de potes. Il passe encore ses nuits dans un corps écroulé de sommeil, à lutter contre un cerveau qui refuse obstinément de se mettre en mode off.

 

Le mois de juillet arrive et voilà Gaël coincé avec papa et sa « pouffe », comme l'appelle maman. Un été à deux heures de sommeil par nuit, à accueillir les touristes à l'entrée du château de Blois. On est loin des voyages exotiques d'Alix-la-fabuleuse. Jusqu'au jour où l'extraordinaire fait son entrée dans la vie de Gaël en passant les portes du château, crayons et planches à dessin en main, sous les traits d'une jeune fille à la peau dorée…

                                                          

Si vous avez quinze ans, si vous vous demandez à quoi ça va ressembler ou si vous voulez vous le rappeler, L'Été de mes nuits blanches est le livre qu'il vous faut. Pauline Penot, dans ce roman court et sensible, dépeint avec un réalisme étonnant les émotions adolescentes. Avec son ton mordant, plein d'humour, l'auteur nous fait entrer pleinement dans la peau de Gaël, sans jamais tomber dans l'ironie ou la condescendance.

 

On vit avec lui l'étouffement indicible des insomnies, les étourdissements du premier amour. On ressent cette colère sourde face aux adultes qui nous regardent de haut, sans jamais nous prendre au sérieux. On rit de ceux qui étalent leur faux bonheur ridicule sur Facebook, ou de la patronne coincée qui interdit les bloudjines, parce que c'est atrôôôôcement vulgaire. Et puis on (re)découvre avec Gaël à quel point la littérature peut tout changer, lorsqu'un poète, il y a quelques siècles, a exprimé l'exact sentiment qui nous habite avec les mots qui nous manquaient.

 

Après tout, ce n'est peut-être pas si mal d'avoir quinze ans…