Roman Lewis-Carrollesque : La Fille qui navigua autour de Féérie ...

Christelle Gombert - 28.01.2016

Livre - aventure - voyage - magie


Septembre s'ennuie à mourir. Sa mère passe son temps à réparer des moteurs, son père est parti à la guerre : il ne lui reste qu'un petit chien banal avec qui jouer. Alors, naturellement, lorsqu'un Vent Vert passe par la fenêtre et lui propose de partir pour Féerie, elle accepte immédiatement. Après tout, ses parents l'ont un peu abandonnée ; elle a bien le droit de leur rendre la pareille.

 

Cependant, la fillette découvre vite que le pays n'est pas aussi parfait que son nom le laisse entendre. Dans ce monde à la fois fascinant et cruel, une marquise règne en tyran sur d'étranges créatures et obligera Septembre à traverser des endroits aussi sublimes qu'effrayants. En chemin, notre héroïne perdra une chaussure, son cœur, son ombre, ses cheveux et quelques larmes ; mais elle trouvera une bibliothèque sur pattes,  un garçon bleu qui mange du sel et, surtout, son courage.

 

Dans La Fille qui navigua autour de Féerie, l'influence d'Alice au pays des Merveilles est partout. Septembre tente de rester rationnelle face à de la nourriture magique et, si elle ne se met pas à grandir ou rapetisser démesurément, elle se transforme de manière bien troublante… Au lieu d'un lapin blanc, elle suivra un Vent Vert et son Léopard volant. En guise de Reine de Cœur et de rosiers, Septembre devra affronter une marquise qui vit dans un palais de ronces. On a même droit à une réécriture de la fameuse Tea Party

 

Au-delà de ces ressemblances assumées, l'auteur façonne un univers absolument unique. L'imagination foisonnante de Catherynne M. Valente se dévoile et étonne à chaque page, illustrée avec talent par Ana Juan. Un pays où règne toujours l'automne, une femme en savon, des troupeaux de vélos sauvages, une ville toute en tissu, un homme-mappemonde, une Perverse et Périlleuse mer… Tout cela et bien d'autres surprises vous attendent, si vous osez passer les portes de Féerie.