Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Roman muséophilie : Les serpents du Muséum

David Bethy - 04.12.2014

Livre - policier - musée - animaux


Caressant doucement les plumes de sa poule qui, sur son lit a fait son nid, Juliette, douze ans, a un peu hâte d'être à demain. Chérissant les animaux et ne supportant plus ses camarades, la petite fille de l'éclusier, privée d'école par son attitude insupportable, a gagné un ticket vers la capitale. Bienvenue à Paris chez Oncle Léon et Tante Aglaé !

En cadeau d'arrivée, la coquille d'un œuf de perroquet fraîchement né, afin de ne pas souffrir de la distance de sa cocotte adorée.

 

Oncle Léon est gardien en chef de la Ménagerie du Muséum National d'Histoire Naturelle.

Juliette fait connaissance avec les divers animaux protégés du jardin, magnifiques, exotiques. Elle se lie d'amitié avec Alphonse le naturaliste du Musée, reproduit sur le papier l'allure de la faune du jardin avec le jeune artiste Jacques. Elle apprend à s'ennuyer un peu moins. D'autant plus qu'à son arrivée, l'un des serpents s'est sauvé et furieusement, l'a défié. Grâce à Gaspard le soigneur gitan, elle évite le pire. Pourtant, Gaspard est arrêté par la police.

 

Les serpents du Muséum est à la fois un roman historique mais aussi un petit policier, dont la clé du mystère est de découvrir qui fait disparaître des serpents et sème la zizanie au sein du Muséum.

D'emblée, le vieux guérisseur charmeur de serpents est présenté comme le coupable idéal de ce Paris du XIXème siècle. Son sérieux au travail, sa discrétion et son amour des animaux ne convainquent pas l'Oncle Léon de sa culpabilité vite admise et aussitôt ce dernier, Juliette et son nouvel ami Jacques, un peu aigri au départ de sa vie de bohème d'artiste, décident de mener l'enquête. Et les indices les mènent aussitôt vers d'autres suspects.

 

Sophie Humann n'oublie pas d'offrir des descriptions sympathiques du lieu et de présenter ses quartiers, ses fonctions, montrant par ailleurs l'intérêt didactique de conservation, l'importance de mémoire historique de ses merveilles à poils ou à plumes. Les crimes seront nombreux, à différents niveaux, de celui qui est contraint et forcé par la force du cœur à celui le plus odieux. Cet « arche » de diversité est un lieu bien choisi pour parler de la différence et de tolérance, comme les lecteurs le découvriront.