Roman noir : Les neuf vies de Philibert Salmeck

Charlotte Mada - 21.07.2014

Livre - humour noir - ironie - mort


Les Salmeck sont vraiment de sales mecs, et ce depuis bien longtemps. Dès 1624, Nikolas Saalmecke inventait le capitalisme et provoquait, du même coup, la première grande catastrophe économique du monde : la crise de la Tulipe. Dénués de tout scrupule, les Salmeck se sont rapidement – et considérablement – enrichis. Mais comme il y a tout de même une justice sur terre, ils paient leur méchanceté en mourant tous précocement, et ce malgré la présence constante à leurs côtés des Austerman, une lignée de valets prudents et attentionnés.

 

L'Austerman qui nous intéresse s'est donné pour mission de veiller scrupuleusement sur le dernier des Salmeck, Philibert, afin qu'il connaisse une existence plus longue que celle de ses ancêtres. Aussi le protège-t-il de tous les dangers possibles et imaginables, des aliments allergisants aux activités physiques. Ce qui rend la vie de Philibert, douze ans, pas très amusante. Jusqu'au jour où Philibert a une idée de génie : se faire greffer les neuf vies d'un chat pour pouvoir enfin profiter pleinement de sa fortune et de sa jeunesse.

 

Notre jeune héros va-t-il pour autant réussir à mourir vieux ? Va-t-il apprendre la bonté et la sagesse au cours de ses neuf vies ? C'est ce que l'on va découvrir dans Les neuf vies de Philibert Salmeck.

 

Ce n'est certes ni gentil ni politiquement correct, mais nous nous délectons à voir mourir, sous la plume de John Bemelmans Marciano, ce garçon si jeune et pourtant si odieux. Si vous n'aimez pas la corrida, vous apprécierez particulièrement les décès successifs de Philibert face à un taureau, qui venge ainsi tous ses congénères morts sous l'estocade de matadors.

 

Les illustrations en noir et blanc de Sophie Blackall nous donnent à voir ce petit être maléfique et ses différentes façons de mourir, et font de ce roman un joli objet en plus d'un petit bijou d'humour noir. Ames sensibles s'abstenir…