Roman séquestré : Paroles empoisonnées

Mariline Moreau - 18.12.2013

Livre - séquestration - espagne - adolescence


Bárbara Molina fête ses 19 ans. Elle ne désire pas grand-chose, juste aller voir la mer et y plonger. Au final, elle n'aura qu'un coffret de DVD et cela lui fera plaisir quand même. De toute façon, elle est morte depuis quatre ans alors elle sait se contenter de peu ! Oui, sauf que morte, elle ne l'est pas vraiment. Elle est juste séquestrée dans une chambre depuis ses 15 ans…

 

Voilà le début de l'histoire. Durant une journée nous allons vivre au rythme des personnages : Éva - sa meilleure amie -, Nuria - sa mère -, le sous-inspecteur Lozano -qui effectue son dernier jour de service avant la retraite-. Tous se battent depuis quatre ans pour retrouver Bárbara, ils ne croient pas à sa mort. Chacun à sa façon va permettre de dénouer peu à peu les nœuds de cette mystérieuse disparition. 24 heures pour le faire, tic-tac, tic-tac…

 

Maite Carranza fait vibrer notre cœur et nos nerfs durant la lecture de Paroles empoisonnées. L'atmosphère oppressante est palpable non seulement de par la situation des personnages, tous enfermés dans leurs pensées, leurs souffrances, leurs espoirs ; mais aussi grâce au choix narratif de l'auteur. Chaque chapitre est en effet consacré à un des personnages principaux. Maite Carranza va même jusqu'à nous enfermer avec Bárbara, nous faisant partager l'horreur de sa condition.

 

Le rythme devient de plus en plus soutenu, chaque minute semble nous rapprocher d'un dénouement dont nous ne pouvons prédire clairement l'issue. On a peur, on a mal, on se refuse à l'horreur et pourtant on la connaît, l'auteur informe sans fard qu'elle s'est inspirée de faits réels.  Un roman éprouvant. Mais, n'est-il pas bon, parfois, d'être ainsi bousculés, pour ne pas oublier, pour réveiller notre propre part d'humanité…