Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Roman seul(s) : Le jour où

Maud Gaucher - 24.11.2015

Livre - adolescence - chaos - survivre


Les adultes se sont endormis, sans aucun avertissement. Ils sont mystérieusement tombés dans le coma ou entrés en hibernation. Personne ne peut dire s'il s'agit d'une maladie, d'un virus ou si  « Le marchand de sables » existe vraiment. Seuls sur Terre, du jour au lendemain, les adolescents et les enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes. Heureusement, certains ont les pieds sur terre. Léo et Marie, deux jeunes de seize ans, vont prendre sous leurs ailes les plus fragiles et construire un abri au sein d'un vieil immeuble.

Léo est un chef qui s'ignore. Droit, honnête, loyal et courageux, parfois malgré lui, il dirige le groupe sans vraiment l'avoir désiré. C'est pourquoi, il doute et a peur de dépasser les limites qu'il s'est fixé pour diriger, mais parfois, le choix n'existe pas. Puis, pour lui, les adultes reviendront. En revanche, Marie ne croît pas que les adultes se réveilleront et préfère agir, quitte à faire des actes répréhensibles. C'est ainsi qu'elle devient le meilleur allié de Léo, pour le motiver et le pousser, à faire des raids par exemple, afin de récupérer de la nourriture dans le centre-ville, là où les autres enfants vivent dans l'anarchie totale, et où une violence incroyable pour survivre est rapidement née.

Un récit à deux voix palpitant. Le jour où est un roman unique à l'écriture efficace. Dans la lignée du célèbre Sa majesté des mouches, où les enfants, sur une île, ont le pouvoir et transforment le monde en cauchemar, ce récit sait se différencier et actualise cette thématique des enfants livrés à eux-mêmes. L'identification aux héros peut être forte car les personnages sont bien construits et que leurs émotions sont réalistes, permettant au lecteur s'imaginer ses réactions possibles si cela devait avoir réellement lieu.

Le lecteur peut alors facilement ressentir les nombreuses péripéties du roman de Paul Béorn et ne pas s'ennuyer durant la lecture. Réserver ce roman aux plus grands serait également une erreur, il est semble montrer que la violence est une question de réflexion, bien souvent de choix et que les conséquences seront toujours tragiques, que les raisons semblent justes ou non. Si le lecteur apprécie cette lecture, il peut, si ce n'est pas déjà fait, se tourner vers la série U4 (Nathan jeunesse).