Sélection naturelle : un roman capitaliste

Juliette Namias - 02.06.2014

Livre - capitalisme - littérature française - société de consommation


Second roman d'Alexandre Grondeau, Sélection naturelle, un roman capitaliste est ambitieux et convenu.

 

Avec un tel titre, on pouvait s'attendre à quelques révélations sur le grand Capital et ses petites corruptions du quotidien, il n'en sera rien. En fait, au fil des chapitres, on suit l'histoire un peu étriquée de trois personnages qui, l'air de rien, ne se croiseront pas réellement sauf à lire entre les lignes. Subtil ?

 

Même pas ! Jean, John et Yan… - similitude des prénoms - sont trois hommes d'âges bien différents. Le premier est retraité, le second est dans la force de l'âge et le troisième est bachelier. Jean, le retraité, est atteint d'un mal incurable. John a pour seule ambition de devenir le nouvel associé du cabinet d'avocats qui l'emploie.

 

Yan, pour sa part, goûte les joies du bien mal acquis avant de tomber entre les griffes de la brigade des stups. Ils se débattent les uns et les autres dans les affres d'une vie faite de solitude, de tromperie. L'alcoolisme, la prostitution, la drogue, toutes les noirceurs de notre civilisation sont présentes. 

 

Quel rapport avec le capitalisme ? Je n'ai pas vraiment la réponse sauf à considérer que le capitalisme est responsable à part entière de la solitude des hommes.

 

L'ouvrage n'est pas désagréable à lire, loin s'en faut.  L'écriture est fluide, rapide. Mais là où le bât blesse, c'est que le décor est mal posé. Les personnages principaux sont caricaturaux, les secondaires sont survolés et on a du mal à rentrer dans l'imaginaire que le roman devrait réveiller.

 

 

 

 

L'auteur a trop voulu insister sur le fait que seuls les plus « forts », dans le cas présent  les plus immoraux, survivront. Et malheureusement, le propos est bancal. L'humanité qui transparait parfois dans le texte est survolée. La beauté de notre monde est niée.

 

« Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements. » Ainsi commence l'ouvrage avec une citation de Charles Darwin extraite De l'origine des espèces par voie de sélection naturelle, ou la Préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie.

 

Le roman n'est pas à la hauteur de l'ambition exprimée.

 




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