Shoot d’émotions, remède magique, parenthèse enchantée : les livres

La Licorne qui lit - 15.12.2017

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En cette fin d’année, qui fut dense, joyeuse, surprenante, parfois tragique, votre copine la licorne a décidé de ne pas vous proposer son top 10 des livres qui ont marqué ses 365 jours et nuits de lecture. Non, pour cela, vous n’avez nullement besoin de la sensibilité de ma corne. Et les sélections des meilleurs ouvrages, on peut difficilement passer à côté. Le Point, Elle, Le Monde, le Figaro, Lire, la Croix, le New York Times, et j’en passe. Les médailles ont été décernées.




 

Mais, un livre se résume-t-il vraiment à un podium établi de manière autoritaire et unilatérale par un critique, certes respectable et respecté, en fonction de critères fortement orientés par des considérations qui n’ont au final plus grand-chose de littéraire…

 

Du haut de mon arc-en-ciel, j’observe, j’écoute et je réfléchis. Les guéguerres picrocholines entre les groupes éditoriaux, le rachat des David par les Goliath, l’interprofession qui résiste et s’indigne, les débauchages de directeurs, les auteurs qui font la grève, les correcteurs qui se sentent déconsidérés, les traducteurs qui tentent d’être visibles, Amazon qui dévaste, les politiques qui légifèrent. 

 

Qu’en est-il exactement de la passion, l’envie, la vocation ? Je le confesse sans honte, je suis une novice. Fraîchement débarquée dans le milieu des gens de lettres, j’étais mue par l’espoir que le livre échapperait aux logiques de marché, aux tirages de couvertures [Ndlr : audacieux jeu de mots,ha, ha, ha], à la recherche de l’information qui fait vendre, à la compétition malsaine, à la loi du plus fort. 

 

Vaine illusion, votre monde est définitivement gangrené par les égoïsmes, le besoin de paraître et la nécessité d’écraser l’autre pour mieux briller. Mon monde n’est certainement pas plus rose que le vôtre, ne vous méprenez pas. Revenons à l’essentiel, le livre, l’amour de la lecture pour les uns, l’exigence existentielle de poser des mots sur le papier pour les autres. Et tout cela n’a rien à voir avec une classification qui ne vise qu’à booster les ventes de ceux qui possèdent les leviers de pression. 

 

La chronique qui fait chaud au coeur
 

Non, un livre, c’est une histoire qui nous touche parce qu’elle nous ressemble ; un livre, c’est un personnage qui devient au fil des pages un membre de notre famille ; un livre, c’est une phrase, un paragraphe, un chapitre, qui peut nous changer à jamais ; un livre, c’est une grande aventure dans laquelle nous acceptons de nous embarquer sans en connaître la fin. 

 

Et ce livre, qui vous donne la force de continuer, de vous battre, de vivre, LE livre quoi, vous le trouverez peut-être au fond du grenier de vos grands-parents ; ou le dénicherez-vous un dimanche matin sur le stand peu sexy d’un brocanteur. Alors, écoutez votre petit cœur, fouillez et ne vous laissez pas trop influencer par les « moi-je-connais la littérature-et-j’habite-dans-le-sixième » !

 

Au Pavillon des Lettres : un hôtel où il fait bon lire
 

J’en ai vécu des aventures depuis le moment où la gentille rédaction d’ActuaLitté m’a accueillie à bras ouverts, faisant fi de mes sabots bruyants, ma crinière multicolore et ma liberté de ton. Chers journalistes intègres et indociles, merci d’avoir ravivé l’inspiration qui m’avait quittée. Merci de m’avoir accordé votre confiance. 

 

Certes chaque semaine, on me demande d’être un peu plus brève, mais mon humour et ma finesse compensent largement mon manque de concision. J’ai rencontré des écrivains talentueux, des vrais, des passionnés, des gens normaux, ou presque (référence à leur propension à ingurgiter une dose d’alcool maximale en un minimum de temps) ; j’ai passé une délicieuse soirée avec un délicieux Marc Lévy, et oui si c’était vrai que la star est un homme charmant, raffiné et intelligent ; j’ai croisé la route d’un généreux diffuseur qui a finalement consenti à m’envoyer des services presse dans les nuages ; j’ai fait la connaissance de jeunes plumes, impatients, angoissés, émerveillés ; j’ai côtoyé des agents, des éditeurs, des libraires, des attachés de presse, qui, avec le recul, m’ont fait oublier pendant quelques instants que le livre est aussi un bien de consommation, une industrie lucrative, un microcosme où l’on se prend un peu trop au sérieux. 

 

Relativisons, on ne parle que de livres. Pas question, ici, de sauver le monde d’une attaque nucléaire nord-coréenne, de découvrir le vaccin contre l’Alzheimer, ou de trouver une méthode pour que les ours polaires ne meurent plus de faim sur une banquise qui fond dangereusement.



 

Un livre, c’est un shoot d’émotions, un petit remède magique, une parenthèse enchantée. Alors que les lumières de Hanoukka éclairent les maisons, que les étoiles de Noël parsèment le ciel, que nous nous préparons à passer du temps précieux avec les personnes que l’on aime et que nous nous réjouissons de nous embrasser à gorge déployée sous cette vieille branche de gui – parce que 2018 sera une année formidable, sans aucun doute — il y a une chose qui est certaine, nous continuerons, vous et moi, de lire pour une simple et une seule raison : ça fait du bien ! 

 

L’adieu à la littérature générale, par David Meulemans
 

Donc, au lieu de vous ruiner en jouets, parfums et autres écharpes, que l’on se dépêchera d’échanger, filez chez votre libraire ! La valeur d’un livre est inestimable. Croyez-moi, c’est un lingot d’or 24 carats, du platine inoxydable, un diamant incassable. Bien plus résistant que le dernier IPad. 

 

J’imagine que parfois vous vous demandez qui se cache derrière la licorne qui lit, mais, au risque de vous décevoir, je suis vraiment une licorne, qui se nourrit de fraises tagada, qui boit du champagne et qui habite réellement dans un pays merveilleux inondé par l’eau d’innombrables geysers dans lesquels nous aimons barboter. 

 

Si je me cache, c’est derrière ma PAL (= Pile À Lire pour les non-initiés), qui ne fait bizarrement que de grandir. Et au vu de la liste que je viens d’envoyer au Père Noël, je crois qu’elle va continuer à grimper, haut ! Je reviens vite, je vous embrasse, et pensez aux pneus neige, ça glisse !


Et plutôt que de vous livrer le palmarès des meilleurs livres de 2017, je préfère vous confier la sélection des livres que je n'ai pas encore eu le temps de lire – mais je compte bien me rattraper durant les fêtes...
 

Cette chose étrange en moi, d’Orhan Pamuk (trad. Valérie Gay-Aksoy)

L’autre que l’on adorait, de Catherine Cusset

Sauver les meubles, de Celine Zufferey

Aliss, de Patrick Senecal

La sorcière, de Camilla Lackberg (trad. Rémi Cassaigne)

On ne meurt pas la bouche pleine d’Odile Bouhier et Thierry Marx (parce que j’aime la bouffe)

Underground Railroad, de  Colson Whitehead, (trad. Serge Chauvin)

 Jérusalem d’Alan Moore (trad. Claro)

Le sympathisant, de Viet Thanh Nguyen, (trad. Clément Baude) 


 

Retrouvez les meilleurs livres de l'année 2017




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