South Bronx, Abraham Rodriguez

Clément Solym - 21.01.2010

Livre - south - bronx - Abraham


Par une nuit sombre et pluvieuse, une blonde, nu-pieds, s’abrite dans des ruelles étroites pour éviter les flics. Le patron du bar qui lui offre une cigarette, étant lui-même sorti de sa boutique pour en fumer une, découvre à la lueur de la flamme de son briquet qu’elle a du sang sur la joue. L’étonnement qu’elle perçoit la fait aussitôt filer.

Au pied de la grosse masse grise d’un immeuble aux grilles fermées, elle parvient, en sautant, à agripper puis à se hisser sur l’escalier de secours. Et commencer à grimper les étages, avec sa minijupe qui lui colle aux fesses, silhouette à la peau blanche, tellement visible dans la noirceur nocturne.

D’étage en étage, elle finit par jeter son dévolu sur l’appartement du dernier avec sa grande fenêtre ouverte, sans rideaux et avec seulement, au centre, un lit sur lequel un homme semble être tombé à plat ventre, bras et jambes écartés, accompagné sur les draps d’une simple bouteille vide. Elle se laisse glisser d’abord dans le lit à côté de lui, puis dans le sommeil alors que les gyrophares de voitures de flics éclairent le plafond depuis la rue.

Abraham Rodriguez
À son réveil, Alex ne comprend pas bien la présence de cette magnifique blonde dans son lit. Un gros trou noir semble lui cacher l’épisode qui l’a mise là ! Aucun souvenir depuis le retour dans un taxi quelconque et puis… ??? C’est vrai que la soirée a été particulièrement arrosée. C’est vrai aussi que ses copains ne comprennent toujours pas comment il fait pour les emballer les unes après les autres. Mais, même si c’est le lendemain d’une grosse virée, il ne lui arrive jamais d’oublier tout ce qui a dû immanquablement se passer avec une fille comme celle-là. Or, là ?!

Et cette fille manque diablement de savoir vivre, car, en remerciement de son hospitalité, à la première occasion, elle l’assomme d’un coup de revolver derrière les oreilles avant de lui fausser compagnie ! Ailleurs, dans le Bronx tout de même, l’inspecteur Sanchez se demande pourquoi l’agent spécial (CIA ? FBI ?… ) Myers tient absolument à travailler avec lui pour rechercher un petit dealer du quartier qui, miraculeusement semble-t-il, a déposé une somme considérable (des millions de dollars) sur différents comptes ouverts à son nom ou au nom de certains de ses lieutenants.


Qu’est-ce qu’un agent spécial peut bien avoir à faire d’un petit flic du South Bronx, qui plus est portoricain, dans une histoire mêlant de petits malfrats bien connus, mais seulement dans le quartier, à des terroristes de bien plus gros calibre ?

Voilà planté le décor et les protagonistes.

Le décor, c’est le Bronx. Un quartier de New York où les Portoricains deviennent flics parce que peu d’autres choses s’offrent à eux. Un quartier où les flics peuvent ne pas avoir une vision totalement linéaire de leur fonction. Donc un quartier où il se passe pas mal de choses pas toujours très réglos. Mais c’est aussi un quartier de cultures vivantes emmenées là par les représentants de toutes les origines possibles de ses habitants. Et qui se mêlent, se mélangeant dans un brassage multicolore.

Le scénario, c’est un truc alambiqué où on ne sait pas toujours qui est le chat et qui est la souris dans un jeu où pas mal de gens passent leur temps à se courir après quand ils ne jouent pas simplement plusieurs jeux à la fois. Des jeux où il n’est pas toujours évident que les méchants sont les plus méchants. Ne parlons pas des gentils ou, encore mieux, de ceux qui devraient l’être.

Ceci étant, si le décor et le scénario sont bien plantés, pour moi, les éloges (sincères) s’arrêtent là. J’ai du mal (beaucoup de mal) à supporter une écriture décousue qui n’a trouvé que ce moyen pour retranscrire l’état parfois déjanté et souvent largement alcoolisé des protagonistes (ce n’est pas l’alcool qui me gêne, c’est le style). Est-ce la traduction ? Est-ce la retranscription de l’ambiance de la V.O. ? Le fait est que je ne trouve pas agréable cette écriture saccadée, déroutante et souvent opaque.

J’ai aussi beaucoup de mal avec les non-dits qui font qu’une large partie de la compréhension de l’histoire doit plus à l’art de la divination du lecteur qu’à l’art de la narration de l’auteur. Alors que j’aime toujours autant le parti pris typographique consistant à faire les changements de police en même temps que l’histoire suit l’un ou l’autre des personnages principaux du récit.

Cela n’aura cependant pas suffi, à mes yeux, pour éclairer ce roman d’Abraham RODRIGUEZ qui avait pourtant entre les mains une histoire sympa à nous raconter et qui, à mon goût, l’a un peu gâchée.

 

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