Spinder : confidences d’un enfant en guerre

Bouder Robin - 09.04.2018

Livre - la joie de lire - journal intime - roman jeunesse


La Joie de Lire nous présente un roman jeunesse pas exactement comme les autres : plus qu’une histoire, il s’agit du journal écrit par un enfant pour qui rien ne va plus. Spinder a besoin de se confier à quiconque tombera sur son carnet. Au programme : humour, légèreté, émotion, plans ingénieux et un terrible secret qui ne devait pas être dévoilé…

 


 

Spinder, c’est le surnom de Hidde que tout le monde lui donne pour se moquer… Y compris la jolie Lieke et son frère ado Jeppe, qui veut lui voler la cave de la maison où ils vivent tous deux avec leur mère. Tout ça pour y entreposer une batterie… Mais Hidde n’est pas prêt à la lui céder si facilement, d’autant que c’est là qu’il garde sa collection d’insectes. Si Jeppe veut la guerre, il l’aura ! Et si le seul moyen pour Hidde de la gagner est de révéler le terrible Secret de son frère, qu’il en soit ainsi !

 

Roman récompensé en 2013 aux Pays-Bas, son pays d’origine, Spinder arrive chez nous pour notre plus grand plaisir, tant l’histoire que nous propose Simon van der Geest nous sort de nos lectures habituelles pour nous offrir un peu de fraîcheur enfantine ! Sous forme d’un journal intime, l’auteur néerlandais nous propose d’entrer dans l’intimité de son héros le temps d’une histoire touchante.

 

Spinder est une tranche de vie, littéralement. C’est un enfant qui se confie à « toi », lecteur, qui te racontera ses peines, ses secrets, sa passion pour les insectes et ses mésaventures avec son frère. Plongé dans son quotidien, te voilà invité à écouter, à ressentir, à comprendre, comme un ami, ces petits moments qui jalonnent la vie de Hidde.


À l’image du tempérament fluctuant de son héros, Simon van der Geest jongle entre des thématiques tantôt heureuses tantôt plus sérieuses. Spinder lui permet ainsi d’aborder les joies de l’enfance, les émois de la jeunesse, mais aussi la dépression et le deuil, vu par les yeux d’un héros qui se sent impuissant. Spinder est bel et bien l’histoire d’un enfant, et de sa manière à lui d’affronter les obstacles qui se dressent sur son chemin.
 

Solitaire et encore habité par la légendaire naïveté de la jeunesse, Hidde est un personnage attachant qui du haut de ses 11 ans est prêt à se battre pour préserver ce qui lui reste. Comme tout enfant, il cherche à ramener chaque situation que la vie lui présente à une échelle qui lui est plus familière. En l’occurrence, le lecteur sourira à maintes reprises durant ce que Spinder appelle un « récit de guerre », alors qu’il compare systématiquement son entourage à des insectes.
 

Autour de ce touchant personnage gravitent Jeppe le frère rebelle, Lieke la fille inaccessible ou encore l’invisible mère, autant de personnages qui représentent une partie importante de la vie de notre héros. Et nous d’éprouver, comme Hidde, du ressentiment, de la peine, de l’impuissance à l’égard de ces différents protagonistes qui semblent l’abandonner.
 

Alors que la guérilla qui oppose les deux frères prend des proportions gigantesques, on se rappelle volontiers que nous aussi, dans notre jeunesse, rencontrions bien souvent des obstacles qui nous semblaient insurmontables. L’auteur réussit parfaitement à nous faire compatir vis-à-vis de ce jeune héros qui ne possède rien d’autre que ses insectes, par les mots d’enfants, les drôles d’analogies de Spinder, son humour et les dessins et plans de bataille qui parsèment le carnet.

La conclusion de cette guerre signera de grands changements pour Hidde, quels qu’ils soient. Et le lecteur de se rendre compte que finalement, ce conflit n’est qu’un prétexte ; le carnet de Spinder est simplement l’occasion pour un enfant de nous raconter ce qu’il a sur le cœur, et de s’ouvrir au monde qui l’entoure. Ici, nous sommes simples confidents, et ce n’est pas avec regret que nous refermons ce livre, mais avec l’espoir que tout ira bien pour ce jeune garçon.
 

Voilà un roman qui s’adresse aussi bien à des enfants qu’à des adultes, tant il nous est facile de nous mettre à la place de Spinder et de retrouver le caractère fluctuant et l’imagination débordante que nous avions enfants. Spinder est comme une pause, qui nous fait réfléchir et relativiser, et qui nous propose de revenir à nos jeunes années, quand les petits tracas devenaient des montagnes et les petits plaisirs d’immenses sources de joie. À mettre entre les petites et les grandes mains !

 

Simon van der Geest – trad. Maurice Lomré — Spinder — La Joie de Lire — 9782889083992 – 14,90 €




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