medias

Sur le toit de l'enfer : un meurtrier au-delà de la raison

Victor De Sepausy - 22.10.2018

Livre - Sur le toit de l'enfer - Ilaria Tuti roman - meurtre crime Italie


THRILLER ÉTRANGER – Quelque chose s’est passé entre ces montagnes. Quelque chose qui va nécessiter que Teresa Battaglia déploie des trésors de compétences, profilage et investigation. Un tueur en série est à l’œuvre, elle en est convaincue. Bienvenue sur Le toit de l’enfer.

 



 

Un corps, allongé sur le dos, mort comme il se doit. Couvert de givre, il est nu et la blancheur du corps contraste avec les cheveux, les poils pubiens, d’un noir profond. L’odeur de la montagne et de la forêt se confond, brossant un étrange tableau de nature morte – assassinée, de fait. 

 

Le cadavre a été retrouvé à Traveni, petit village des montagnes du Frioul, à l’extrême Nord de l’Italie, encastré entre la mer Adriatique, la Slovénie et l’Autriche. Loin, très loin des regards, donc. Paradoxalement, parce que les yeux de la victime ont été arrachés. Et à ses côtés, dans un paysage presque magnifique, une étrange poupée de cuivre a été déposée : comme un gardien de cette macabre mise en scène.

 

Teresa Battiglia a une soixantaine d’années, et de l’amertume pour encore une soixantaine de plus. Son quotidien est d’être confrontée au pire de ce que l’humanité dévoile. Elle est servie : tout a été méthodiquement fait pour que le corps parvienne à la police dans les meilleures conditions. Et les questions ne manquent pas.

 

La commissaire se met en chasse : comprendre, et aboutir à des horreurs plus indicibles encore. Comme cet orphelinat qui semble avoir abrité le pire de l’incarnation du mal. Les enfants du village avaient averti : un fantôme semble hanter la région, violent comme une bête. Insaisissable, presque, mystérieux et effrayant, à l’image de ce meurtrier dont Teresa va dessiner progressivement le portrait. 

 

 

Convaincant pour cette dimension de thriller qui laisse abasourdi, le roman est plus puissant encore quand on imagine qu’il s’agit d’une première œuvre. Le style démontre une aisance évidente, ou un travail talentueux, ce qui peut revenir au même. 

 

Navigant entre les concepts de bien et de mal avec une facilité déconcertante, Ilaria Tuti nous offre un assassin unique, avec une personnalité rarement vue encore. Car, tandis que la mort rôde, la commissaire se débat elle-même, en proie à une maladie qui la priverait de cette fulgurance, une lucidité qui lui apporte tant dans son travail de profileuse. Son esprit est menacé. 

 

Le plus fantastique, c’est qu’avec cette première aventure, la commissaire Teresa Battaglia a pris une mesure énorme : plus qu’un personnage, elle devient vivante, comme ces figures majeures du polar, que l’on retrouve au fil des romans. Elle rejoint sans peine, bien que dans un tout autre genre, Montalbano dans le panthéon des inspecteurs italiens. 

 

[Extrait] Sur le toit de l'enfer d'Ilaria Tuti
 

Prise entre sa propre tristesse et une fabuleuse humanité, la commissaire nous emporte avec elle, par-dessus son épaule, on vibre, tremble, suit avec appréhension son cheminement. « Ce n’est pas l’arme, ce n’est pas l’uniforme : ma véritable arme, c’est mon esprit. »

 

Brillante, intense, sidérante, elle devient ce guide jusqu’à un final spectaculaire. On comprend pourquoi le livre fit l’objet de tant d’attentions durant la Foire du livre de Francfort l’an passé. Alors qu’il sortait en janvier dernier en Italie, il était déjà acheté pour des traductions en France, Angleterre, Allemagne et Espagne, et une dizaine d’autres territoires.

 

Clairement une promesse pour l’avenir. 

 

Le roman a également remporté le Premio Edoardo Kihlgren, décerné par la ville de Milan, qui récompense un premier roman. 

 

 

 

Ilaria Tuti, trad. (italien) Johan-Frédérik Hel-Guedj – Sur le toit de l’enfer – Robert Laffont – 20 €

Rentrée littéraire 2018 : les fashion weeks du libraire




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.

Pour approfondir

Editeur : Robert Laffont
Genre :
Total pages : 406
Traducteur : johan-frédérik hel-guedj
ISBN : 9782221218730

Sur le toit de l'enfer

de Tuti, Ilaria

Dans les montagnes sauvages du Frioul, en Italie, le commissaire Teresa Battaglia, la soixantaine, la langue acérée et le coeur tendre, est appelée sur les lieux d'un crime pour le moins singulier : un homme a été retrouvé mort, les yeux arrachés. A côté de lui, un épouvantail fabriqué avec du cuivre, de la corde, des branchages... et ses vêtements ensanglantés.

J'achète ce livre grand format à 20 €