Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Sustainable design III : vers une nouvelle éthique pour l'architecture et la ville

Cécile Pellerin - 27.06.2014

Livre - Architecture - Environnement - Développement durable


Depuis le 21 mai et jusqu'au 06 octobre, se tient à Paris, à la cité de l'Architecture et du Patrimoine, l'exposition « Ré-enchanter le monde » qui rend compte des travaux d'architectes innovants qui s'emploient à reconstruire une relation d'équilibre entre terre et hommes, soucieux d'éthique, de développement durable et d'écologie. 

 

Chaque année, le Global Award for sustainable architecture récompense cinq architectes pour leurs expériences nouvelles en milieu urbain ou rural. Cet ouvrage regroupe les travaux des lauréats (2012-2013) et confirme la fin de l'architecte-artiste égocentrique et bureaucrate (qui construit des monuments à sa propre gloire sans souci de coûts ni de sens), remplacé par une génération d'architectes et d'urbanistes écologistes, au cœur des préoccupations humaines, capable de concevoir des espaces de vie dignes pour tous.

 

L'être humain vit comme s'il avait une 2ème planète à sa disposition, dépasse de 50% les ressources que la terre peut lui fournir. En s'efforçant de créer des villes énergétiquement durables (approvisionnement local, énergies renouvelables, recyclage des ressources…), en concevant des transports publics intelligents, des services interactifs, une agriculture bio-diversifiée, la société doit progressivement passer « d'une démocratie par la consommation à une démocratie par la production (auto-développement, auto-construction, auto-maintenance) ».

 

Les différentes réalisations architecturales présentées dans ce livre témoignent non seulement de la nécessité participative des habitants à penser puis à construire leur environnement,  mais aussi d'une vision humaniste et engagée de l'architecture aujourd'hui.

 

« Nos sentiments collectifs peuvent sceller le fondement d'une reconstruction indispensable si nous voulons éviter la destruction. » Christopher Alexander (anthropologue et architecte)

 

 

10 lauréats pour rendre compte de cette conception participative, d'Israël en Islande, du Pérou jusqu'en Thaïlande, France ou Norvège…

 

Autant de destinations pour mieux comprendre le rapport raisonné entre l'occupation humaine, agricole et urbaine et la réalité, en Israël par exemple, d'une terre à préserver qui est rare et aride (la promenade de Gabriel Sherover de Shlomo Aronson), se laisser impressionner et emporter par des réalisations de rénovation qui conservent les richesses culturelles en intégrant des techniques et des matériaux traditionnels, au Yémen notamment avec le travail de Salma Samar Damluji  sur la rénovation de mosquées ou au Pérou avec Carmen Arróspide Poblete et la réfection du pont suspendu Q'eswachaka.

S'initier au concept « d'architecture lente », en Afghanistan ou en Inde avec l'architecte Ann Feenstra, suivre avec curiosité l'architecte thaïlandais Suriya Umpansiriratana et son unique client, la communauté monacale bouddhiste de Wat Khao. Plus près de nous enfin, découvrir avec intérêt les maisons passives de Philippe Madec et apprécier les astuces originales  de « l'architecture d'urgence » du cabinet  norvégien Tyin.

 

Une vaste proposition de voyage et de démarches nouvelles, parfois complexes mais riches, pour mieux réfléchir sur l'avenir de notre monde habité, redéfinir le progrès.

 

Poser un autre regard sur une architecture en mouvement, parfois déroutante mais  toujours passionnante, mieux appréhender ce concept de « soutenabilité ; voilà ce que permettent l'ouvrage et l'exposition d'avant-garde.