Tatouages : signes du corps

Cécile Pellerin - 28.05.2014

Livre - art - tatouage - Musée Branly


Dans le cadre de l'exposition au Musée Branly, « Tatoueurs, tatoués », visible depuis le 06 mai, ce petit ouvrage, original dans sa présentation, (découpé en effet en 8 modules richement illustrés avec une alternance de pages doubles et simples) retrace, de manière concise et incitative, l'origine des tatouages, ses évolutions, ses techniques de réalisation et suscite une réelle curiosité chez le lecteur, l'invite à la découverte et à la compréhension d'un art assez fascinant, en renouvellement permanent,  devenu aujourd'hui  un véritable phénomène planétaire.

 

Rédigé avec simplicité et passion par Jérôme Pierrat, rédacteur en chef de Tatouage Magazine et auteur de plusieurs ouvrages sur les tatouages, il initie le profane sans prétention, de manière chronologique et légère, le sensibilise à cette pratique de peinture corporelle, qu'il soit ou non, adepte du tatouage et l'incite, de ce fait, à voir autrement un ornement désormais populaire qui touche toutes les catégories sociales et fascine de plus en plus, par ses codes esthétiques, notamment.

 

L'origine du tatouage remonterait à la nuit des temps puisque le 1er homme tatoué aurait plus de 5000 ans. Si le tatouage revêtait principalement des vertus thérapeutiques dans l'Antiquité égyptienne, s'il était un indicateur de statut social chez les Pictes ou encore un châtiment réservé aux esclaves et aux soldats déserteurs sous l'Empire romain, il devint assez rapidement condamné par l'Eglise car considéré comme une pratique païenne. Mais grâce aux expéditions en Orient, où il est à la fois symbole de décoration guerrière, remède, marque de rite initiatique ou de distinction sociale, il fascine et s'imite puis renaît en Occident.

 

Au XIXème siècle, ce sont principalement les marins anglo-saxons, sillonnant les mers du Sud, qui, par imitation, se livrent à l'art esthétique du tatouage, tandis qu'au Japon, l'irezumi est un moyen de résistance passive pour le peuple opprimé mais devient ensuite la marque des Yakuzas. En France et dans les pays latins, le tatouage reste longtemps associé aux criminels et mauvais garçons, aux prisonniers.

Piquage, incision, scarification (notamment pour les peaux à pigmentation foncée comme les Maoris) ou encore drainage (pour les peuples du grand Nord), plusieurs pratiques sont à l'œuvre jusqu'en 1891 où l'invention de la machine électrique remplace peu à peu ces techniques manuelles.

 

Aujourd'hui le tatouage est omniprésent dans toutes les sociétés. Depuis une vingtaine d'années, il se démocratise. Très populaire dans les milieux artistiques, il est aussi un effet de mode chez les jeunes. Incontournable alors, toujours intriguant et empreint de mystère, il se livre donc un peu dans ce petit recueil et constitue en parallèle un préambule à la visite de l'exposition, à la fois esthétique et pratique (format poche et prix modique).

 

Exposition visible jusqu'au 15 octobre 2015.