Timothy Leary, le contre-pouvoir par l'acide et le LSD

La Licorne qui lit - 30.11.2019

Livre - homme dangereux amérique - drogues sexe rock - voyage monde


Turn on, tune it, drop out. Ce slogan fut lancé par un certain Timothy Leary lors d’un rassemblement de 30.000 hippies à San Francisco en 1967. Professeur de psychologie à Harvard, Timothy Leary effectue des recherches sur les effets thérapeutiques et comportementaux des drogues, et plus spécifiquement du LSD. Passant rapidement à la pratique, il se retire de l’establishment pour tester ses postulats sur des cobayes tout acquis à sa cause.



 
L’homme le plus dangereux d’Amérique retrace le parcours du grand prêtre du LSD devenu une figure emblématique d’une contre-culture underground, alors en pleine révolte contre un pouvoir vu comme liberticide et autoritaire. 

Les États-Unis sont à feu et à sang. Les étudiants se dressent contre la guerre au Vietnam. Les bombes explosent. Les émeutes raciales se multiplient. La consommation d’acide et d’opiacés est au plus haut. Et Richard Nixon cherche désespérément des solutions pour rétablir l’ordre et assurer sa réélection. Le 12 septembre 1970, Timothy Leary s’échappe d’une prison californienne, où il est incarcéré pour simple détention de marijuana. L’occasion est trop belle : Nixon fait de sa capture une priorité nationale : Leary devient l’ennemi public numéro 1. 

Basé sur des témoignages et des archives récemment ouvertes, l’ouvrage raconte la cavale de Leary pendant 28 mois. De son évasion spectaculaire orchestrée par le groupuscule radical Weather Underground, à son retour menotté à Los Angeles, le grand manitou du diéthyllysergamide sillonne la planète d’Alger à Kaboul, en passant par Paris, Genève et Gstaad.

Protégé par les Black Panthers, dont il ne partage pas la philosophie belliqueuse, aidé par des milliardaires et autres têtes couronnées, Leary bénéficiera de la générosité de la communauté hippie et de la tolérance des gouvernements refusant de se plier aux demandes d’extradition.
 
Sans convaincre par sa valeur historique, l’ouvrage a le mérite de ne pas tomber dans un manichéisme simpliste. Personne n’est épargné. Nixon est dépeint comme un paranoïaque alcoolique incontrôlable, alors que Leary est présenté comme un illuminé narcissique oscillant entre naïveté et opportunisme qui bouffe du LSD comme d’autres sucent des bonbons.



 
Quand les convictions mènent à l’obsession et les idéaux à la folie. Véritable page-turner, le lecteur oublie la dimension biographique pour se plonger dans une chasse à l’homme haletante entre sexe, drug et rock and roll.
 
Rappelant l’extrême violence de ce pan de l’histoire des États-Unis, les auteurs soulignent le besoin irrépressible des présidents américains de se trouver un ennemi. Communistes, terroristes, immigrés, journalistes : le mal doit être annihilé. Alors que débutent les audiences en vue de l’impeachment de Donald Trump, il est pertinent pour conclure de citer Timothy Leary.

Dans un article que publia le National Review, il affirmait : « Il faut être vraiment crétin pour avoir cru qu’une révolution armée était possible en Amérique. C’est connu le militantisme ne vient pas de la chute des gouvernements, il naît des procès dont on réussit à faire parler. » Affaire à suivre.


Bill Minutaglio, Steven L. Davis, trad. Jean-Marie Doury – L'homme le plus dangereux d'Amérique – Nevicata – 9782875231383 – 22 €


Commentaires
Si la chroniqueuse -je ne sais si c'est la libraire qui dirige La Licorne à Bruxelles ou quelqu'un d'autre ! -précise: «Sans convaincre par sa valeur historique»,j'aimerais qu'elle explique les lacunes et/ou erreurs qu'elle a éventuellement détectées car sa critique n'en fait point état !

Ce livre est-il ou non totalement crédible ?

Pour un lecteur perfectionniste et exigeant, c'est essentiel...

Et sa chronique ne fournit pas de précisions.

Sinon,cette réserve émise, ce récit (que j'espère bien traduit,ce qui n'est pas toujours le cas) semble passionnant.

Parfaitement en phase avec l'exposition géante Révolutions qui se tiendra à partir du 22 avril 2020 à la Grande Halle de la Villette et qui se concentre sur les années 1966 à 1970.

Cela d'après une grande expo originelle au V&A Museum de Londres mais il s'agit bien d'une adaptation française,après la belge qui s'est tenue au ING Art Center (oui,en anglais obligatoire évidemment) du 24 octobre 2018 au 10 mars 2019!

On trouve déjà quelques explications sur le web pour cette expo qui marquera certainement l'année 2020.

Ce sera sensationnel.

Timothy (pas Thimoty !) ne viendra pas mais les passionnés de cette époque bouillonnante,certainement !

En attendant,on peut se (re)plonger dans l'atmosphère de cette époque,côté USA avec cet ouvrage dont j'apprends la sortie grâce à votre site.

CHRISTIAN NAUWELAERS
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