Totally Killer; de Greg Olear

Clément Solym - 17.08.2011

Livre - complot - boulot - tuer


Le 4 juillet 1991, Taylor Schmidt pose ses valises et son gros sac à dos dans l’appartement de Todd Lander qui n’en croit pas ses yeux de voir débarquer une fille pareille à laquelle son copain Jason Houston avait donné ses coordonnées : la récente rupture entre Todd et Laura et le départ de cette dernière ayant ouvert la voie à une autre co-location.

Récemment sortie de l’Université du Missouri, Taylor avait débarqué à New York pour y chercher du boulot sans pour autant en avoir jusqu’alors trouvé dans ces périodes difficiles. Et sans boulot, pas facile de trouver un truc pour se loger.

Aussi, c’est bien parce qu’il n’en revient pas de voir cette fille arriver chez lui que Todd en oublie que la colocation aurait au de bien meilleures perspectives si elle avait pu s’appuyer no pas sur un seul salaire de misère comme le sien, mais sur deux !

Pendant des semaines, Todd fera alors le chevalier servant de Taylor, espérant que cet investissement lui permettra enfin d’être autre chose qu’un ami, qu’un confident à qui Taylor raconte ses différents déboires.

Pas très fair-play, Todd tentera aussi de gagner un peu de temps dans ses démarches de conquête de la belle en prenant subrepticement connaissance du journal intime que Taylor tient quasi quotidiennement
.

Et c’est ainsi que Todd va découvrir que Taylor a fini par trouver du boulot grâce à l’agence Quid Pro Quo.

Une Agence un peu spéciale qui fournit sans trop de difficulté du travail à ceux qui le souhaitent : sur la base du profil et des souhaits d’un candidat, l’Agence identifie une personne occupant un poste correspondant et fait supprimer cette dernière ! Il ne reste plus alors qu’à se présenter pour occuper une place ainsi subitement devenue vacante. Avec pour seul engagement, celui de devenir assassin à son tour quand l’Agence aura besoin de ses services.

Mais Todd va découvrir que Taylor a finalement trouvé beaucoup plus d’intérêt à l’activité meurtrière de l’Agence Quid Pro Quo qu’au boulot d’éditrice dont elle rêvait et qu’elle a pu obtenir grâce aux activités un peu spéciales des personnels de l’Agence.

Il y a une peu Men in Black dans de polar de Greg OLEAR superbement traduit pas Francis Happe.

Ces hommes (et ces femmes) de l’ombre qui oeuvrent invisiblement pour le bien de leurs concitoyens en leur ouvrant, sans coup férir, des perspectives de travail dans des périodes où celui-ci ne court pas les rues, résolvent d’une manière assez définitive, et expéditive, deux problèmes parallèles. D’une part le chômage n’a pas d’avenir grâce à eux. D’autre part, les caisses de retraite ne sont pas encombrées par les pensions à verser...

Le cynisme du propos, le machiavélisme du système mis en place font de ce bouquin un petit régal où l’humour (très) noir le dispute à une extraordinaire efficacité du récit. La théorie des complots, les personnages de l’ombre ont une profondeur telle qu’il n’est pas difficile d’y croire, de leur donner corps.

Ce livre se lit d’une seule traite, sans retenue et devrait vous permettre d’oublier, le temps d’une après-midi de vacances que le mauvais temps vous empêche de profiter de la plage et du soleil.


Mais il risque aussi de vous inciter à faire attention à vous. On ne sait jamais : peut-être que votre job intéresse au plus haut point un (ou une) jeune à la recherche d’une opportunité que votre départ ouvrirait en grand!!!...