Tout au bord de la terre glacée, explorer les confins du monde

Mimiche - 18.07.2019

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ROMAN ETRANGER - Malgré les réticences qu'il a pu exprimer au travers d'échanges de courriers avec son interlocuteur pressant, Joshua Sloan, le Conservateur du Musée d'Histoire d'Alpine (Alaska) a reçu de Walther Forrester, un vieux monsieur résidant dans le Montana, diverses boîtes d'archives.
 

 
Ces dernières concernent des comptes rendus, journaux personnels, photos, objets traditionnels autochtones, pièces administratives dont Walther Forrester était devenu l’unique et ultime dépositaire (sa famille et les liens qu’il entretenait avec elle s’étant effilochés au fil des ans) au point que, sans descendance et d’un âge avancé, il ne craignait rien plus que voir ce témoignage de la découverte de l’Alaska disparaître corps et biens à son décès.
 
Car c’est bien de cela qu’il s’agit, et Joshua Sloan le sait bien qui va découvrir, au début du XXIe siècle, ces pages historiques et héroïques au fur et à mesure de leur lecture : ces archives sont celles du Lieutenant-Colonel Allen Forrester, l’oncle de Walther, un ancien militaire américain largement impliqué et remarqué dans la guerre contre les Indiens au milieu du XIXe siècle et à qui a été confiée une importante mission d’exploration de l’Alaska que les États-Unis venaient d’acheter à la Russie.
 
Au départ du golfe d’Alaska, il s’agissait, début 1885, de remonter la Wolverine pour établir un état des lieux de cette région inconnue où des Russes avaient été massacrés par des autochtones, jusqu’aux sources de ce fleuve, basculer sur le bassin versant de la Tanana pour rejoindre le Yukon et retour par la mer de Béring. Une expédition de plusieurs mois à l’issue incertaine compte tenu des difficultés escomptées.
 
Marié depuis seulement quelques mois à Sophie, une institutrice bien plus jeune que lui, cette séparation va leur donner l’occasion de préparer, l’un pour l’autre, une sorte de journal intime du quotidien par lequel ils espèrent, au retour d’Allen, revivre tous ces moments qu’ils n’auront pas pu partager, tous ces longs mois qu’ils auront vécus l’un et l’autre sans pouvoir échanger aucune nouvelle, toutes ces expériences qu’ils vont découvrir seuls, mais ensemble en pensées : lui dans des étendues sauvages que seuls les autochtones ont parcourues jusqu’alors, elle à proximité du camp militaire où elle va découvrir et pratiquer l’art naissant de la photographie.
 
Chacun dans son registre va apporter une pièce à l’aventure humaine.
 
Et Joshua va découvrir, feuillet après feuillet, l’histoire gigantesque d’Allen et de Sophie qui va éclaircir son modeste musée d’une immense flamme mémorielle.
 

Inspiré d’une histoire vraie, ce roman historique d’Eowyn Ivey nous transporte dans une époque et une région où la notion de « découverte » portait encore en elle toutes l’intensité, l’incertitude de ces entreprises qu’ont menées ces hommes et ces femmes qui ont contribué à l’apport de nouvelles connaissances.
 
Allen, le baroudeur militaire méthodique. Sophie l’institutrice à l’ouverture d’esprit scientifique et universaliste. Tous deux, dans leur journal, portés par un amour fort et partagé, vont s’avérer à la hauteur de leur immense confiance réciproque.
 
Alternant échanges épistolaires entre interlocuteurs du XXIe siècle saisis devant ces témoignages majeurs, rapports millimétrés de mission du Lieutenant-Colonel, photographies de Sophie, extraits d’articles journalistiques, etc.…, Eowyn Ivey a trouvé le bon rythme pour accrocher son lecteur tout au long de son long ouvrage sans jamais le lasser, sans jamais cesser de le tenir en haleine et propose là une lecture saisissante, captivante (même si elle n’est pas totalement vraie, l’histoire est tellement proche du réel qu’il est parfois difficile de ne pas s’y croire), éducative (cette découverte de l’Alaska est criante de vérité) et d’une fraîcheur diabolique !
 
Ce livre se lit comme coule l’eau de fonte des glaciers d’Alaska.
 
Hasard des choses, je viens de regarder un reportage d’Arte sur un arc Naturel Canadien dans le Yukon : j’avais l’impression, face à certaines images, de poursuivre la lecture du roman.
 
Alors profitez de cette période estivale pour vous plonger dans Au Bord de la Terre Glacée , je vous promets un voyage aux confins des hommes, aux confins de la nature, en bordure des cultures ancestrales et des rapports quasi chamaniques avec le monde qui nous entoure. Bref, des heures de pur plaisir.


Eowyn IVEY, trad. anglais (USA) par Isabelle Chapman – Au bord de la terre glacée – 10/18 - 9782264071019 – 19.90 €
 
 


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Pour approfondir

Editeur : 10/18
Genre :
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782264071019

Au bord de la terre glacée

de Ivey, Eowyn(Auteur) Isabelle Chapman(Traducteur)

Hiver 1855. Les terres de l'Alaska demeurent inexplorées. Le colonel Allen Forrester, héros de guerre décoré, remonte la Wolverine River pour en cartographier les abords. Il consigne son expédition dans un journal à l'intention de sa femme Sophie, dans l'espoir qu'elle puisse le lire s'il ne revenait pas.

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