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Tristan Garcia, un navigateur tirant sur la corde de l'éternité...

Clément Solym - 25.09.2012

Livre - espace - théories - éternité


Des générations d'élèves ont souffert sur Le lac de Lamartine. Qu'elles se réjouissent, d'autres souffriront à leur tour. « Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! / Suspendez votre cours :  / Laissez-nous savourer les rapides délices / Des plus beaux de nos jours ! »

 

Et c'est qu'en matière d'éternité, et de temps suspendu, rien ne vaut l'aphorisme de Woody Allen : « L'éternité c'est long, surtout vers la fin. » Eh bien, cher Tristan Garcia, tu aurais pu nous gracier de le démontrer.

 

Internet nous apprend que Browser désigne un logiciel destiné à, grosso modo, représenter le world wide web, et afficher les pages que l'on souhaite visiter. Internet nous apprend également que la théorie des cordes se trouve à la croisée de la mécanique quantique et de la relativité universelle, passablement complexe à réunir, cependant. 

 

Et, ô joie !, dernièrement, un certain Boson a fait le Buzz. Il suffisait alors à un professeur enseignant la philosophie et vaguement inspiré de croiser le monde internautique, avec une vague allusion à la gravité quantique. Nous voici plongés dans ce qui relève de la science-fiction.

 

Ou, par défaut, de la spéculation narrative romanesque, perdue entre Lamartine en mal de Muse et Allen en manque de vannes.

 

 

Eden_Project_Rope

SnapKracklePop (CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Rappelons que la théorie des cordes repose en effet sur l'idée que l'univers serait composé non de particules (trop facile), mais de cordelettes vibrantes, et que le Boson est l'un de ses constituants. 

 

Mettez ensuite l'univers en suspens, arrêté à une période qui n'en finira jamais - et au besoin n'a jamais commencé, puisque c'est là la base du paradoxe, et voici un vilain ouvrage qui ne méritait probablement pas de voir le jour. Chose d'autant plus regrettable que, si les formulations obscures brouillent encore plus les pistes, la langue elle-même est étonnamment souple et agréable. 

 

Avec cependant des calembours dépassant péniblement le faîte d'une marguerite : « Il se demanda pourquoi dormir, puisqu'il n'avait pas faim. »

 

Selon le bon vieil adage, en SF, « dans l'Espace, personne ne t'entend crier ». C'est heureux. Parce ce le silence éternel de l'éternité infinie qu'on vient de parcourir donne vraiment envie de hurler.




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