Tuer pour Shakespeare, d'accord, mais mutiler aussi ?

Victor De Sepausy - 14.03.2018

Livre - Mindy Mejia roman - thriller polar roman - Mindy Mejia polar


Mourir sur scène, en pleine exultation de son rôle, voilà bien un destin à tenter une comédienne ? Mais peut-être à condition d’avoir choisi cette ultime représentation. Dans le cas de Hattie Hoffman, retrouvée poignardée et défigurée dans une grange abandonnée de sa ville natale, Pine Valley (Minnesota), quelqu’un procéda au choix pour elle…



 

Mars 2008, la folie des smartphones est encore loin d’avoir contaminé notre univers. Le shérif Del Goodman, ami de longue date de Bud et Mona Hoffman : il enquête sur le meurtre de leur fille, Hattie, survenu l’année précédente. Elle avait alors attiré l’attention en incarnant une Jane Eyre spectaculaire, suscitant l’admiration de son professeur d’anglais Peter Lund. Son élève favorite, et certainement la plus prometteuse. 

 

Ce cher Peter : 26 ans, tout juste plus âgé que les étudiants à qui il enseigne débarque fraîchement à Minneapolis. Sa femme est retournée auprès d’une mère souffrant d’insuffisance cardiaque.

 

Oh, certes, les suspects se comptent sur les doigts d’une main, pour tenter de retrouver l’assassin d’Hattie. Mais tous semblent avoir un solide alibi — et en l’absence de l’arme du crime et des lenteurs que le laboratoire chargé des analyses ADN, la vie du shérif est loin d’être facilitée. 

 

D’autant plus insupportable que pour Del Goodman, Hattie incarnait un peu la fille adoptive. Et on s’arrêtera là pour ne pas divulgâcher le moindre élément : parce qu’évidemment, la sage Hattie avait ses démons, ses secrets, dont un qui aurait pu être dévastateur. 

 

Le soir où elle fut tuée, Hattie jouait à New York, pour la première fois, le rôle de Lady Macbeth qui ferait débuter sa carrière… Est-ce un hasard si, la pièce de Shakespeare, racontant l’accès au pouvoir d’un homme, par l’entremise des intrigues qu’ourdit son épouse, sous-tend l’ensemble du livre ? Spoiler : non.

 

Dans son roman, Mejia manie avec aisance la multiplication des points de vue, autant de narrateurs et narratrices au regard déchirant, vrai : tous en proie à une douleur propre. De même, la localisation et l’environnement rural apportent une ambiance très bien rendue : Pine Valley est criant de réalisme, dans les détails et les descriptions. 

 

Polar dramatique, aux accents shakespeariens, il rappellera à certains égards Twin Peaks — entre Laura Palmer et Hattie Hoffman, quelque chose revient. Outre leur assassinat, bien entendu. 

 

 

Mindy Mejia — Qui je suis — Éditions Mazarine — 9782863743591 – 23 €


texte lu sur iPhone 6 Plus


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