Un dernier tour de valse, d'Inès de Kertanguy : une fresque passionnante

Audrey Le Roy - 23.05.2016

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Inès de Kertanguy, historienne et romancière, vient de signer aux Éditions Tallandier un réjouissant et instructif roman historique. Couvrant quasiment tout le XIXe siècle, Un dernier tour de valse nous entraîne dans un tourbillon où politique, intrigues et passions amoureuses donnent le ton.  L’héroïne, et narratrice, Sophianne de Lencelle, souhaite écrire ses mémoires pour sa petite-fille qui n’a pas connu ses parents.

 

 


Sophianne est née le 31 juillet 1823, « sous le règne finissant de Louis XVIII », mais l’histoire commence réellement quand, dix ans plus tard, elle doit se rendre avec sa mère en Espagne où sa grand-mère est sur le point de mourir. Elle va y faire la rencontre de deux jeunes sœurs, Francesca et Eugenia de Montijo. Celle-ci scellera le début d’une grande amitié et la genèse d’un destin hors-norme.


De retour à Paris, elle reçoit l’éducation classique des petites filles de bonne famille de l’époque, à savoir : scolarité dans un couvent, parents peu chaleureux, « dans mon enfance, je n’avais pas été aimée, mais dressée comme un caniche de salon », et, bien évidemment destinée à faire un mariage avantageux. Cela passe, l’année de ses seize ans, par l’organisation d’un bal pour marquer son « entrée dans le monde ».

Le 7 mai 1840, le fameux bal a lieu, elle y fait la rencontre d’Octave de Lencelle, de quatorze ans son aîné, veuf, de vieille noblesse certes, mais sans grande fortune. Il ne convient évidemment pas aux parents de Sophianne. Afin d’empêcher le mariage, ils vont enfermer leur fille dans un couvent de province. Trois mois plus tard, Sophianne doit quitter précipitamment son couvent, car son père est mourant. Il finira par avouer à sa fille toute la fierté qu’il a pour elle et consentira, enfin, au mariage. 

 

Entre-temps, les sœurs de Montijo ont dû fuir l’Espagne, où la guerre civile sévit, elles se sont installées avec leur mère à Paris, pour la plus grande joie de Sophianne. C’est donc entourée d’amies que Sophianne commence sa vie de femme, puisqu’elle vient de faire la connaissance de Mathilde, fille de Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon Ier. Mathilde, tout comme Sophianne d’ailleurs, a pour passion la peinture, mais également les belles-lettres, c’est ainsi que tout au long de ce roman nous voyons se bousculer dans son salon Stendhal, Lamartine, Hugo, Dumas, les frères Goncourt, Sainte-Beuve, Flaubert et bien d’autres encore.

Entre réceptions, bals et salons littéraires, Sophianne trouve tout de même le temps d’avoir une vie de couple. Elle accouche le 15 octobre 1846 d’un garçon nommé Hippolyte, le 20 février 1848 de Caroline, qui malheureusement décédera quelques années plus tard, et enfin d’un deuxième fils, Cyprien.

La fin des années 40 apporte son lot de bouleversements : transition politique, révoltes, barricades dans les rues de Paris. Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République française, au suffrage universel masculin. Octave a énormément œuvré dans ce sens et sera récompensé de sa fidélité. Le président est alors élu pour quatre ans. Le 2 décembre 1851, bien décidé à conserver le pouvoir, Louis-Napoléon fomente un coup d’État, il sera proclamé empereur des Français un an plus tard. Il devient ainsi Napoléon III.

Napoléon III avait un penchant pour les femmes, c’est un fait avéré, ainsi quand il va croiser l’amie de Sophianne, Eugénie de Montijo, il n’aura de cesse de lui faire la cour pour en faire sa maîtresse. Voyant que celle-ci résiste à ses avances, il posera cette célèbre question : « Par où convient-il de passer pour aller à votre chambre ? », la réponse d’Eugénie est tout aussi célèbre, « Par la chapelle, Sire ! » Le mariage civil est célébré le 29 janvier 1853, le mariage religieux le lendemain.

Sophianne est donc la meilleure amie de l’Impératrice Eugénie ainsi que celle de Mathilde, cousine de l’Empereur, et bien sûr ces deux dernières ne peuvent pas se souffrir ! Situation d’où elle se sortira avec beaucoup de tact et de discrétion.

 

L'impératrice Eugénie parée d'un diadème de perles, de bracelets et colliers, par Franz Xaver Winterhalter, Musée d'Orsay

 


Mais le bonheur à la cour dure rarement bien longtemps, et il peut parfois suffire d’une seule personne pour faire tourner la tête de tous les hommes de la capitale. Cette personne, ça sera La Castiglione. Maîtresse attitrée de Napoléon III, elle arrive également à mettre le bel Octave de Lencelle dans son lit. Quand Sophianne le découvre, c’est le drame dans toute sa splendeur, elle n’avait rien vu venir !


Dieu merci, La Castiglione est vite exilée après que l’on ait découvert qu’elle espionnait pour le compte du Piémont. Sophianne trouvera-t-elle la force de pardonner à son mari ? Face à la Commune, à l’exil et aux décès, l’adultère paraît bien peu de choses, et le couple va devoir être fort, car les années à venir ne seront pas de tout repos.

Un dernier tour de valse est un roman historique maîtrisé et dynamique qui nous plonge dans une France, qui se cherche et oscille entre traditions anciennes et progrès technique. Une fresque passionnante !


Pour approfondir

Editeur : Tallandier
Genre : litterature...
Total pages : 410
Traducteur :
ISBN : 9791021017863

Un dernier tour de valse

de Inès De Kertanguy

Madrid, 1833. Sophianne, 10 ans, fait la connaissance d'Eugénie de Montijo, 7 ans, future impératrice des Français. Cette rencontre scelle son destin. Devenue son amie intime, Sophianne accompagne Eugénie dans son ascension, son mariage avec Napoléon III et la naissance du prince impérial. À 16 ans, sur un air de valse, Sophianne tombe éperdument amoureuse d'Octave de Lencelle, aristocrate et bonapartiste convaincu. Le couple est de tous les bals donnés par l'empereur et l'impératrice. Inséparable de la princesse Mathilde, cousine de Napoléon III et rivale d'Eugénie, avec qui elle partage l'amour de la peinture, Sophianne passe d'une cour à l'autre : celle des Tuileries où réside le couple impérial et celle de la rue de Courcelles où règne Mathilde qui reçoit le Tout-Paris des arts et des lettres. Romancière et historienne, Inès de Kertanguy raconte une indéfectible amitié qui, au cour de l'extraordinaire épopée qu'a été le Second Empire, survécut aux drames personnels, aux intrigues politiques et aux bouleversements de l'Histoire.

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