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Un fils parfait, de Mathieu Menegaux : un magistral appel de détresse

Anahita Ettehadi - 01.02.2017

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Mathieu Menegaux, auteur du bouleversant Je me suis tue (Points, 2017), revient en force avec son nouveau roman : Un fils parfait, publié aux éditions Grasset. Une histoire redoutable, inspirée de faits réels.

 

 

 

Daphné est amoureuse d’un homme incroyable. Maxime est beau, intelligent, drôle, aimant. Lorsqu’il la demande enfin en mariage, elle est comblée de bonheur. Elle en est convaincue : leur avenir sera radieux. Très vite, ils fondent une famille. Daphné met au monde deux adorables filles, Claire et Lucie. Maxime est non seulement l’époux idéal, mais s’avère également être le père rêvé.

 

Malgré leur quotidien harassant de jeunes parents, le couple tient bon. Ils s’aiment et aiment leurs enfants plus que tout. Maxime s’applique à gravir les échelons, et ainsi continue à choyer sa famille. Mais Daphné tient elle aussi à travailler dur pour préserver ce doux cocon. Son nouvel emploi l’oblige à voyager aux quatre coins de l’Europe et donc à s’absenter souvent – trop souvent peut-être…

 

Un soir, des mots étranges, violents, sortent de la bouche de sa fille, Claire. Elle est en pleurs. C’est à cet instant que le cauchemar commence. Cauchemar qu’elle tente de retranscrire à la mère de son mari dans une lettre des plus intimes…

 

Mathieu Menegaux possède une parfaite maîtrise de la chute, de l’imprévisible. La mise en scène est impitoyable, soigneusement calculée. Rien n’est laissé au hasard. Il dénonce les failles juridiques, l’impuissance à laquelle sont très souvent confrontées les victimes, totalement démunies face à un agresseur féroce et manipulateur.

 

L’auteur dresse un profil psychologique authentique et effrayant, parvenant à instaurer de façon insidieuse le doute dans l’esprit du lecteur. Cette femme affabule-t-elle ? Est-elle vraiment folle ?

 

Le piège qui se referme sur Daphné est diabolique. Le lecteur est sidéré, bluffé. L’écriture brute et émotive de Mathieu Menegaux fait l’effet d’un uppercut. Un coup de poing au plexus. Le lecteur manque d’air ; il est happé par l’enchaînement des événements, atterré par le retournement de situation.

 

Un fils parfait est malheureusement le reflet du combat que mènent beaucoup de femmes, seules, contre la justice et les apparences lisses et conventionnelles. Un fils parfait est un appel de détresse magistralement orchestré, qui saura redonner un tant soit peu d’espoir, de répit, à qui aurait vécu, de près ou de loin, un tel drame.