Un jour à Fontainebleau : la maison des siècles

Audrey Le Roy - 10.11.2015

Livre - maison siècles - rois France


 « La vraie demeure des rois, la maison des siècles. » C’est en ces termes que Napoléon se souvient du Château de Fontainebleau à Sainte-Hélène en août 1816. « La maison des siècles »… Nous avons la chance, en France, d’avoir de très nombreux châteaux. Ils marquent certaines périodes de notre histoire, les châteaux médiévaux qui habillent nos collines dans le Lot, en Dordogne, dans les Cévennes et bien d’autres régions encore, le château de Chambord, digne représentant de la Renaissance et lié pour toujours à François Ier, le château de Pau, lieu de naissance du bon roi Henri IV, Chantilly et les Condés, Versailles et Louis XIV et la liste est encore longue.

 

 

 

Mais peu peuvent se vanter d’avoir traversé les siècles tout en restant sous le feu des projecteurs. Fontainebleau, lui, peut s’en targuer !

Ce mercredi 11 novembre, les éditions Flammarion publient, en partenariat avec le Château de Fontainebleau, Un jour à Fontainebleau dont les textes sont de Guillaume Picon, historien, et les photos d’Éric Sander, photographe spécialisé dans les demeures d’exception. Laissez-vous entraîner, en un peu plus de 220 pages, dans une visite intime du château de Fontainebleau à travers les âges !

Avant d’être un château, Fontainebleau est une ville. C’est sur des documents de 1137, sous le règne de Louis VII (1120-1180), que Fontainebleau est mentionnée pour la première fois à l’occasion de la fondation d’une abbaye. A priori, un château est présent dans cette ville et le donjon actuel existe déjà. On suppose qu’il devait être entouré d’une muraille et d’un fossé, à la mode des châteaux forts de l’époque. 


En 1169, il reçoit pour la première fois un hôte illustre, à l’occasion de la construction d’une chapelle : Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry. C’est ainsi que la ville de Fontainebleau et son château entrent dans l’histoire pour ne plus la quitter. Au total, trente-quatre rois ont habité et modifié le château dont les plus illustres, bien évidemment.

 

Saint Louis (1214-1270), dont deux salles restent de ses constructions et qui portent aujourd’hui son nom.

 

François Ier (1494-1547), bien sûr, et Guillaume Picon de dire, « c’est à François Ier qu’il allait appartenir de transformer Fontainebleau en résidence d’un prince de la Renaissance. » (p.17) ou encore « Roi-mécène, il soutient et développe les arts, les portant à un niveau jamais atteint jusqu’alors en France. » (p.22). Le roi veut agrandir le château pour accueillir sa famille et sa cour, il aime à s’y rendre. N’oublions pas que François Ier est un très grand amateur de chasse et que le domaine forestier de Fontainebleau est tout à fait remarquable. Mais les embellissements ne s’arrêtent pas aux simples agrandissements, la décoration intérieure est pensée et pour cela on fait venir d’Italie les meilleurs artistes, Le Rosso dès 1531 puis Primatice en 1532, qui prendra la tête du chantier à la mort du Rosso en 1540.


Si la vision que nous avons d’Henri IV (1553-1610) n’est pas nécessairement celle d’un homme raffiné, bien au contraire, ça n’est pas pour cela qu’il n’avait pas de goût pour les arts et l’architecture. Sous son règne le château se dotera de trois nouvelles ailes dont il reste aujourd’hui la galerie des cerfs au rez-de-chaussée, la galerie de la Reine à l’étage et la cour des Offices face au portail de la cour Ovale. De plus, il est le premier roi Bourbon, il aura donc à tâche de faire oublier les Valois en inscrivant son chiffre un peu partout sur le château et en installant des portraits de lui. « Sous Henri IV, Fontainebleau passait, à côté du Louvre, pour la grande ambition artistique et culturelle du règne. »

 

Louis XIII (1601-1643) n’y fut pas très actif, il lui préférait le château de Saint-Germain-en-Laye, cependant il toucha dans le mille avec le peu de constructions qu’il y ordonna. En effet, le symbole du château de Fontainebleau, le fameux escalier en fer à cheval construit par Jean Androuet du Cerceau, fut érigé sous son règne.

 

Louis XIV (1638-1715), roi bâtisseur s’il en est, ne fit pas de grosses modifications. Il s’y rendit souvent, tous les automnes (tradition qui perdurera jusqu’à la Révolution Française), son fils Louis de France, le dauphin, y naitra le 1er novembre 1661 mais le Roi Soleil préfèrera se consacrer à Versailles. Cependant son goût pour les jardins le poussera tout de même à demander à Le Nôtre de les retravailler ainsi que les plans d’eau. En 1686, il fera également construire des appartements destinés à sa seconde épouse, Madame de Maintenon.

 

Napoléon (1769-1821) fit de nombreux travaux à Fontainebleau mais le château restera cependant plus célèbre pour être le lieu où il dut signer son abdication le 6 avril 1814 et pour la légendaire Cérémonie des Adieux à sa garde, le 20 avril suivant, dans la cour du Cheval blanc.

 

De nombreuses femmes ont également durablement marqué le château de Fontainebleau : Catherine de Médicis (1519-1589) qui renforça son système de défense lors des périodes sombres de son « règne » ; Anne d’Autriche (1601-1666), mère de Louis XIV, qui « apprécie les décors riches et abondants, aux motifs rares et précieux, alliant la sculpture et la dorure, à des arabesques et des grotesques aux couleurs vives. » (p.70) tout en légèreté en définitive… ; Marie-Antoinette (1755-1793) à qui Louis XVI (1754-1793) offre un boudoir turc qui « a de turcs ses ornements de turbans, cassolettes, brûle-parfums, rangs de perles, croissants de lune et épis de blé. » (p.102) et dont le mobilier a disparu pendant la Révolution française.

 

Lancé par Napoléon Ier, le programme iconographique de la galerie de Diane se poursuit et s’achève sous Louis XVIII. Louis-Philippe l'utilisa comme salle des banquets. Ce décor est en grande partie démonté par Napoléon III qui décide de transformer la galerie en bibliothèque. Le globe terrestre placé dans le vestibule de la galerie a été exécuté pour Napoléon Ier. © Eric Sander



Mais c’est l’Impératrice Eugénie (1826-1920) qui semble vraiment en être la maîtresse de maison. Elle en fait, avec son époux Napoléon III (1808-1873), un lieu de villégiature dès 1857, y fait construire un théâtre, inspiré du théâtre de Marie-Antoinette à Versailles, où les comédiens français joueront les lundis, mercredis et samedis. Et surtout, elle aménage son musée chinois, que l’on visite encore aujourd’hui comme elle l’avait pensé alors et qui est un ravissement pour les yeux. Il est également important de préciser que c’est aussi à ce moment que le château commence à ouvrir ses portes au public deux fois par semaine.

Bien d’autres personnages ont contribué au rayonnement du château de Fontainebleau et vous les découvrirez en lisant ce remarquable livre dont les photos viendront mettre en exergue son évolution au fil des siècles et des règnes. Château où se déroulent, encore aujourd’hui, de grands événements, et où se pressent plus de 500.000 visiteurs par an !


Pour approfondir

Editeur : Flammarion
Genre : arts et spectacles
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782081370524

Un Jour A Fontainebleau

de Guillaume Picon

Une visite des recoins inconnus du grand public du château de Fontainebleau avec une attention particulière aux petits objets et aux détails. Trente-quatre souverains français ont habité ou embelli ce château. Château fort du temps de Saint Louis, il s'est transformé en huit siècles pour devenir l'un des joyaux méconnus du patrimoine architectural, culturel et historique français classé aux monuments historiques dès 1862 puis au patrimoine mondial de l'Unesco en 1981. Entrant dans l'intimité des grands personnages qui l'ont fait, de François Ier à Napoléon III en passant par Madame de Maintenon, Marie-Antoinette et Joséphine, ce livre plonge le lecteur dans l'histoire encore vivante d'un lieu qui fascine. Fontainebleau est aussi un lieu où se déroulent aujourd’hui de grands événements de prestige et où se pressent plus de 500 000 visiteurs par an. Après Un jour à Versailles, Un jour à Fontainebleau, est le nouvel opus de cette collection sous coffret. Un livre qui s'attache ici à nous faire découvrir le château dans son intimité. Les images inédites de l’ouvrage mettent en lumière des détails méconnus, héritages de plusieurs siècles d'art et d'artisanat d'excellence, et font revivre avec superbe l'époque des rois, des empereurs, des chasses en forêt et des grandes fêtes et spectacles, notamment dans le Théâtre Impérial tout juste restauré.

J'achète ce livre grand format à 29,90 €