Un manuscrit pour voyager autour du monde en quatre-vingts jours

Victor De Sepausy - 27.03.2017

Livre - manuscrit Jules Verne - tour du monde en 80 jours - Editions des Saints Pères


Nées en 2012, les éditions des Saints Pères continuent d’étoffer une collection de publications permettant au simple particulier d’avoir en main un fac-similé de très belle facture des manuscrits de grandes œuvres littéraires. C’est au tour du Tour du monde en quatre-vingts jours de venir ainsi s’offrir au regard des curieux et des amoureux de Jules Verne.

 

 

 

Les Saints Pères avaient déjà à leur palmarès la publication en 2014 du manuscrit de Vingt mille lieues sous les mers. Mais, avec Le Tour du monde en quatre-vingts jours, c’est une nouveauté de taille qui nous est proposée.

 

Disponible dans les collections de la BnF, et accessible sur Gallica, en version numérique depuis 2012 – contrairement à la mythologie déployée dans les médias, inventant un ouvrage perdu et retrouvé – le manuscrit est donc republié. Le Tour du monde en quatre-vingts jours, est ainsi proposé dans un coffret à la très belle finition.

 

Ce texte qui se découvre dans une livrée bleu roi avec un étui assorti sur lequel se retrouve le titre en lettres d’argent. Proposé en un volume de 280 pages, ce fac-similé pèse aussi son poids de 2,5 kg pour 35 cm de hauteur et 25 cm de largeur. Le premier tirage, limité à 2000 exemplaires numérotés, est affiché à 189 €.

 

En plus du manuscrit du Tour du monde en quatre-vingts jours, cette édition comprend aussi trente-huit feuillets autographes, préservés dans le Musée Jules Verne de Nantes, qui ont servi de base au développement de l’intrigue.

 

Composé en 1873, l’histoire de ce voyage tire son inspiration d’une nouvelle d’Edgar Poe dans laquelle les personnages jouent à étendre le temps grâce à une différence de méridien. Jules Verne s’est aussi appuyé sur la publication d’un article du Siècle qui assurait qu’il était possible d’accomplir le tour de la Terre en quatre-vingts jours. L’ouvrage est agrémenté également par des illustrations provenant d’une édition Hetzel de 1873.

 

Signant la préface de ce beau livre, l’écrivain Jean-Christophe Rufin, membre de l’Académie française, regrette qu’on ait tendance aujourd’hui à regarder de haut la puissance de l’inventivité de Jules Verne car, pour nous, les inventions présentes dans ses œuvres sont devenues des réalités presque banales. « Ainsi le manuscrit est-il le meilleur repère du temps. Il nous force à lire Jules Verne en l’inscrivant dans son époque et non dans la nôtre. Son génie visionnaire reprendre alors toute sa puissance », assure Jean-Christophe Rufin.

 

Et de constater aussi l’évolution des principes permettant le déplacement à travers la planète. « Le monde de Jules Verne était celui de l’expansion coloniale. De comptoirs en protectorats, de colonies en dominions, l’homme blanc, à l’époque, était partout chez lui. Un voyageur européen n’avait qu’une peine à se donner : faire viser ses documents de voyages par des agents consulaires. Qu’on imagine aujourd’hui le nombre de démarches qu’il faudrait accomplir pour obtenir le droit de pénétrer dans des pays aussi divers. »