Un Parisien à travers Paris, Philippe Meyer

Clément Solym - 11.11.2009

Livre - parisien - travers - Paris


Philippe MEYER m’a fait peur. Avec un titre comme celui-là, j’ai longuement hésité ! Quoi ? Lui aussi va y aller de son petit couplet pour nous asséner des « promenades d’un rêveur solitaire » ? Non, ce n’est pas possible ! Pas lui ! Pas celui qui illuminait mes débuts de journées maussades, soit dans la grisaille, soit dans les bouchons, en badinant avec « Mademoiselle Martin » et en distillant avec verve, érudition et vocabulaire, ses fameuses chroniques « matutinales ».

Pas lui dont j’ai entendu, il y a peu, que « la prochaine fois (il) (nous) le chanter(a) » mais malheureusement à des horaires qui me sont moins accessibles. Pas lui qui nous a assurés, pendant longtemps, nous, les « heureux habitants » de tous les départements français, que « le futur ne manque pas d’avenir ».

Il semblait bien que si ! Alors, croyez-moi, j’ai vraiment hésité à l’ouvrir à la première page, son bouquin, et à me lancer dans sa lecture. Et je n’ai pas regretté d’avoir choisi de le lire ! Certes, avec ce livre, il ne sera pas canonisé ! Mais au moins, il n’y a pas d’erreur sur la marchandise. C’est bien du Philippe MEYER et pas une énième digression architecturale, sociologique, écologique ou historique sur Paris, ses amours, ses emmerdes…

On peut ne pas partager ses sources d’agacement (car, de sa part, on ne peut tout de même pas parler de combat, soyons raisonnables et pondérés), mais reste présente en toute occasion sa faculté à mettre en relief tout ce qui, pour lui comme pour beaucoup d’autres, est un évident poil à gratter.

Et, en ce qui me concerne, il ne pouvait pas mieux commencer en pointant du doigt la toute récente prise de pouvoir du vélo en substitution du monarque nouvellement honni : la voiture. C’est avec un plaisir non feint d’auditoire conquis d’avance que je l’ai suivi, vilipendant tous ces adeptes du déplacement écologique (dont je suis, par ailleurs, un fervent partisan) qui confondent le déplacement non polluant et sportif que peut constituer l’utilisation de la bicyclette, avec une nouvelle dictature qui est celle du « je fais tout et n’importe quoi » en oubliant rapidement que la liberté individuelle s’arrête où commence celle du voisin. Et méprisant avec une effronterie qui n’a d’égale que le laisser-faire criminel de la maréchaussée, les principes rudimentaires, mais fondamentaux du Code de la route.

Ah je l’ai bien suivi sur ce chemin, le Philippe, dont les chroniques ne m’ont jamais lassé.

Du coup, c’est avec un total parti pris (évidemment favorable) que j’ai dévoré les chapitres suivants où, dans son style châtié, il égrène quelques épisodes qui savoureux (avec les pâtés en croûte de la confrérie des charcutiers), qui sordides (avec les sorties du SAMU social), qui balzacien (avec cette fresque commencée « coquinement » aux sorties de l’Opéra au milieu de XIXe siècle et s’achevant dans de sombres turpitudes au début du XXIe), qui goguenard (devant l’art nouveau du tag en liberté).

Avant de terminer par un petit couplet, dont il a le secret, sur l’efficacité comparée des dépenses « culturelles » de Paris Plage opposées à des spectacles bénéficiant d’une médiatisation moins outrancière et d’une ambition budgétaire moins vorace, Philippe MEYER fait un petit détour par les limonadiers parisiens !!!…

Philippe Meyer
Hasard curieux, j’avais découvert l’empire quasi monopolistique des Aveyronnais sur ce terrain lors de mes dernières vacances en Aubrac. J’ai jubilé à revivre ainsi une conversation qui n’avait pas manqué de me laisser extrêmement étonné, pour ne pas dire dubitatif quand on saura mon informateur d’alors, n’étant autre qu’un chauvin aveyronnais lui-même, ne pouvait, à mon sens, qu’en rajouter un peu ! Voilà-t-y pas que Philippe MEYER, non content de le confirmer, me complète le tableau ! Étonnante diaspora régionaliste qui semble, en plus, avoir l’oreille du politique !

Voilà ! Je doute que Philippe MEYER soit un adepte de la révolution par les armes. Mais je ne doute pas un instant que certaines de ses préoccupations soient largement dictées par un profond désir de voir son petit monde changer autour de lui pour le bien de tous ! C’est en cela que ses chroniques ont toujours réussi à faire vibrer en moi une fibre, en résonance à ses propos. Or, entre les corporatismes et les individualismes de tous crins, j’ai la conviction qu’il a encore matière à nous régaler de nombreuses chroniques et vertes enflammées lyriques.


 

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