Un sale livre, de Frank Andriat : l'exil d'un jeune Syrien en France

La rédaction - 10.02.2017

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Karine Latour, professeure de lettres dans un collège alsacien, décide de faire lire Rien Nadir à sa classe de troisième. Elle a eu un coup de cœur pour ce roman conseillé par sa libraire et espère qu’il provoquera chez ses élèves émotions fortes et prise de conscience.

 

 

 

Le roman est court, écrit dans un langage proche de celui utilisé au quotidien par les adolescents et surtout, raconte l’exil français de Nadir, un jeune Syrien qui a fui la guerre et la barbarie.

 

Les élèves Tristan et Justine, le père de cette dernière, la documentaliste, le Principal, la sœur d’un autre élève de troisième, la collègue de Madame Latour et mère d’un de ses élèves, chacun se fera sa propre opinion, positive ou négative, sur le fameux livre. Dépassant les attentes de Karine Latour, son choix de lecture suscitera une polémique et fera naître le débat, tant sur le fond du sujet (l’histoire des réfugiés) que sur la forme plutôt abrupte de l’œuvre.

 

Frank Andriat ne propose pas un mais bien deux romans : Un sale livre bien sûr mais aussi le livre dans le livre : Rien Nadir. Des passages de l’un et de l’autre se succèdent, se répondent, se complètent. Les différents personnages-lecteurs sont abordés à tour de rôle et les impressions de chacun sont entrecoupées d’extraits de leur lecture.

 

Cet ensemble bien équilibré fait voyager le lecteur entre la classe alsacienne et la Syrie, entre le confort du cadre scolaire français et l’éprouvant parcours d’une famille de réfugiés, entre le récit des lectures et la lecture d’un récit.

 

La mise en abyme permet d’aborder à la fois des faits d’actualité, la manière dont ils sont relatés et la diversité des points de vue des lecteurs du récit, les différentes façons de recevoir un même texte et de réagir à des événements. Le roman traite naturellement de racisme, d’ignorance et d’ouverture d’esprit mais aussi de ce qu’est la littérature et du rôle de l’école vis-à-vis des élèves et de leur éducation.

 

Dans Un sale livre – tout comme dans Rien Nadir –, l’écriture est sans détour, l’histoire est écrite dans un langage courant. Le style varie selon le personnage mis en scène, donnant vie et personnalité à chacun. Ces variations ainsi que l’alternance entre passages du récit principal et extraits du livre emboîté donnent du rythme au roman : il n’y a pas de temps mort.

 

Le roman est plutôt destiné à un public adolescent, en témoignent le cadre de l’histoire comme le style du récit. Il n’épargne pas pour autant aux lecteurs les aspects très sombres des épreuves traversées par Nadir et les décrit franchement. Un sale livre permet d’aborder de front un sujet d’actualité, tout en amorçant la prise de recul par rapport à celui-ci.

 

Jeunes et adultes pourront apprécier cette lecture sans fioritures et au rythme soutenu et se laisser captiver par les aventures de Nadir comme s’empresser de découvrir qui en a pensé quoi.

 

Estelle Piraux

 

Avec Le Carnet et les instants


Pour approfondir

Editeur : Mijade
Genre :
Total pages : 144
Traducteur :
ISBN : 9782874230912

Un sale livre

de Frank Andriat

La prof de français propose à ses élèves de lire " Rien, Nadir ", un roman qui relate l'itinéraire de Nadir, un jeune réfugié syrien. Le sujet est dur, le ton du récit est réaliste. Le roman provoque le débat. Chaque lecteur reçoit le livre différemment. Justine le trouve trop classe, mais il choque son père. Tristan, grand lecteur, émet des réserves à son propos, mais la belle Amalia l'adore. Pour Philippe, ce roman est un sale livre. Les réfugiés syriens ne sont pas les bienvenus pour tout le monde. " Rien, Nadir " est un livre dont aucun lecteur ne sort indemne. Il provoque le débat, chacun le reçoit différemment. Jusqu'à ce que son auteure vienne au collège pour témoigner de son terrible parcours. Jusqu'à ce que la fiction rejoigne la réalité.

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