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Une chose pour quoi je suis né : les incertitudes de l'instant

Auteur invité - 23.01.2020

Livre - Jean Calude Dubois - poesie photographie - fiction autofiction poesie


POÉSIE - Jean-Claude Dubois : le poète vient de loin. La parole de Jean-Claude Dubois est rare. L’essentiel de sa poésie est publié par Cheyne Éditeur avec L’Épine et sa mésange, Le Canal, ou Leurs adorables, une variation autour de Chopin, Bach et Schubert.
 
 
Déjà dans les années 1980, à l’époque de Jean Dauby et du Centre Froissart, l’homme était aux avant-postes de la parole partagée. Puis, jusque dans les années 2000, il y eut l’aventure de la revue Rétro-Viseur qui réunissait de nombreux poètes de la région. Jean-Claude Dubois est l’auteur en 2000 d’un ouvrage de référence, Le Silence parle ma langue, une présentation critique de 24 poètes du Nord et du Pas-de-Calais.
 
Ancien directeur général des services de la ville de Tourcoing, Jean-Claude Dubois codirige aujourd’hui avec Jean- François Manier la collection Verte de Cheyne Éditeur. Bien malin, à l’époque, qui pouvait deviner le poète derrière le haut fonctionnaire territorial.
 
Avec Une chose pour quoi je suis né, on retrouve, sans doute pour la première fois, l’homme dans toutes ses dimensions. « Depuis l’infarctus, mon regard s’arrête souvent sur ces portraits d’enfants. Ce n’est pas si souvent qu’on a, sous les yeux, la preuve d’avoir été heureux » écrit-il.
 
À propos du titre de l’ouvrage, le poète confie : « Cette "chose" pour laquelle je suis né, c’est peut-être cette banalité-là. » Composé de textes brefs, sorte d’instantanés, le recueil nous emmène en voyage dans la mémoire du poète.
 
Récit d’une vie, photo après photo, avec les joies, les souvenirs d’enfance, les deuils, les attachements, les éloignements, les enfants qui grandissent, les visages familiers, les doutes et les réussites professionnelles. Mais le sous-titre de l’ouvrage porte la mention : photographies, vraies fictions et semi-vérités.
 
Et les photos qui accompagnent le texte sont en réalité des créations de Jean-Marie Perrot : des cyanotypes où se glisse la lumière dans des nuances de bleu de Prusse et de blanc. Incertitudes d’une mémoire un instant fixée par les sels ferriques. L’effacement et l’oubli guettent.
 
Il y a une part d’autofiction dans Une chose pour quoi je suis né. Un détournement fictif « parce qu’il faut dire plus que la réalité parfois ». Une émotion, qui ne pèse pas, traverse les tableaux de Jean-Claude Dubois.
 
Rien n’est lourd. Parfois c’est drôle. Souvent, le lecteur sourit comme s’il souriait envers lui-même. Une tendresse pas dupe que chaque lecteur porte sur sa propre existence. Une chose pour quoi je suis né ? Cette « chose »... Jean-Claude Dubois écrit : « Elle est fragile, d’une candeur enfantine et elle reste tout entière à dire. Je veux l’avoir dite avant que le crépuscule ne l’assombrisse et ne la complique. »
 
HERVÉ LEROY
 
 
Jean-Claude Dubois (texte), Jean-Marie Perrot (cyanotypes)  - Une chose pour quoi je suis né : photographies, vraies fictions et semi-vérités – Cheyne – 9782841162758 – 23 €
 
   



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Pour approfondir

Editeur : Cheyne
Genre :
Total pages : 176
Traducteur :
ISBN : 9782841162758

Une chose pour quoi je suis né

de Jean-Claude Dubois

Mon maître absolu en littérature et en poésie : c'est Ingres. Je voudrais écrire comme il peint : des personnages d'une grande beauté formelle mais qui ne sauraient exister en dehors de sa peinture parce qu'ils ne survivraient pas à la réalité. Sa grande odalisque par exemple n'est pas vraiment une femme. Elle a le cou trop long, le dos trop fragile. Sur terre, elle casserait mais sur la toile, elle est mieux écrite que tout ce qu'on a écrit jusqu'ici sur la beauté des femmes.

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