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Une vie italienne... Intermittence, d'Andrea Camilleri

Clément Solym - 12.10.2011

Livre - Intermittence - metailie - chroniques


Il y a mafia, et mafia. En France, on ne distingue pas vraiment l'un ni l'autre. La mafia, c'est ce que Saviano nous en a appris, et l'on s'est naïvement fié à cette vision  du monde, pas vraiment remise en question. Des truands, qui vendent diverses marchandises, légales plus ou moins, dans des conditions propres, plus ou moins. Et puis, qui tuent, si besoin est. Faut ce qu'il faut, après tout, nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours.

 

Reste que la vie en entreprise, ses jalousies, ses tensions, ses ruses ourdies dans le secret des dieux, entre dirigeants puissants, mafia ou non, tout un chacun connaît ça. La Manuelli, c'est une société dans laquelle tout tourne. Peu ou prou. Mais quand on se fait estampiller société la plus importante d'Italie, les risques d'entendre les actionnaires grincer des dents parce que leurs dividendes ne sont pas assez importants, sont des dangers à ne pas courir.

 

C'est ainsi que les dirigeants s'apprêtent à fermer quelques filiales de la société, pour économiser de précieux euros, et parvenir à se remplir les poches un peu mieux qu'en temps ordinaires. Des magouilles - on y vient - qui se font entre personnes initiées aux délits, aux combines et au reste. On se retrouve autour d'une table, on manigance, on manipule, on fait ses affaires, et le monde n'y verra que du feu. Suffit de quelques politiques impliqués, et peut-être même que le gouvernement versera des fonds pour amortir les fermetures d'entreprises…

 

A ces scénario, ajoutons quelques femmes. Belles, diaboliquement séduisantes, et surtout capables de manipuler les hommes sans peine. C'est qu'un homme, une fois qu'il a quitté sa table de négociation, il en finit par ne plus penser qu'avec son entre-jambe. Et ce n'est pas sans risque. 

 

Pourtant, rien n'empêche de coucher avec la femme de son employeur, ni de convoiter la petite-fille de son associé. Voire mieux : de coucher avec une secrétaire pour lui soutirer des informations précieuses, qui rejailliront en temps utile. 

 

Ah, on peut déplorer que la France soit pourrie de l'intérieur : nul doute que l'Italie n'est pas plus reluisante que notre plateau de fromages de pays. 

 

C'est presque un huis-clos que déploie Camilleri devant nos yeux. Tout se passe presque dans les murs de la Manuelli, entre les grands pontes, les dottore, qui décident de ce qui est Bien, ou Mal. Qui font la pluie et le beau temps chez leurs employés. Tout en s'efforçant de ménager quelque pauses, quelques affectueuses relations. Du sexe, de l'argent, du pouvoir… tout cela n'est pas vraiment inédit. 

 

Mais la trame nous emporte aux limites de ce que les dirigeants vont entreprendre. On se soupçonne alors d'être soit collaborateur, soit délateur. Pas d'entre-deux, puisqu'il faut participer. Un thriller économique, je ne suis pas certain : avec ce livre, je parlerais plutôt d'une plongée dans les vices et vicissitudes de l'entreprise, quand des sommes affriolantes sont en jeu. 

 

Il ne suffit pas d'être le patron pour être un pourri. Encore faut-il travailler pour le devenir plus que ses associés. Au royaume des requins, le squale n'a qu'à bien se tenir. Il se fera bouffer...

 




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