Vendanges tardives, de Jean-François Coulomb

Clément Solym - 15.09.2010

Livre - vendanges - tardives - coulomb


Le problème avec les recueils de Nouvelles, c’est de choisir celle qui pourrait être la plus caractéristique. Celle qui s’avérerait la plus susceptible d’éveiller votre envie de plonger. Car il n’est pas possible, sauf à les énumérer, de parler de toutes. C’est pourtant bien ce que j’aurais aimé pouvoir faire, mais alors, mon bavardage aurait presque été aussi long que ce petit livre de Jean-François COULOMB !

Or je sais n’être pas capable d’accaparer votre attention avec autant de maîtrise que lui ne l’a fait avec moi.

D’ordinaire, sans les éviter systématiquement, je ne suis pas un fan de ce style d’écriture ( les Nouvelles). J’y vois, la plupart du temps, une sorte d’incapacité à exploiter des idées au demeurant parfois tout simplement géniales. J’ai l’impression que l’auteur n’est pas allé jusqu’au bout de son oeuvre, n’a pas fait l’effort de donner vraiment du corps à un thème, nous a spoliés d’un développement souvent prometteur.

C’est dans cet esprit là que j’ai ouvert « Vendanges Tardives » en imaginant un petit vin blanc liquoreux comme j’ai eu quelques fois à en goûter les arômes, les sucres et la douceur. Aucun doute, le titre du recueil, même s’il est aussi celui du premier récit, n’a rien à voir avec les textes. Mais l’image que je m’en étais faite est complètement au rendez-vous.

Ces nouvelles-là sont un petit nectar éblouissant de tous les soleils que le fruit a su emmagasiner en restant sur son pied plus longtemps que les autres grappes (« L’insolence consiste à écrire peu » est-il dit en préambule) : il frise la quintessence du genre, l’ambroisie, la nourriture des Dieux !

Dès la fin du premier texte, aucun doute ne subsiste : l’auteur a décidé de jouer avec son lecteur, de l’endormir doucement dans des histoires somme toute banales, tellement normales que la fin qui claque en un seul dernier petit paragraphe le prend totalement au dépourvu, à contre-pied et la surprise est totale. D’accord, on a immédiatement compris le petit jeu ! La crainte vient alors de s’ennuyer un peu si toutes les histoires sont déroulées sur le même registre !

Et là réside toute la magie de cet ouvrage ! Le contre-pied est systématique. Malgré l’attente, l’anticipation, le point d’orgue n’est jamais où on imagine qu’il va être ! Point n’est besoin ensuite de s’y essayer ! C’est peine perdue !


Alors, il reste à se laisser porter par une écriture virevoltante, endiablée, caustique, fluide et dynamique, jusqu’à ces petits bijoux de surprise qui, en quelques mots anodins, en une ellipse lapidaire, vous amènent, avec les quelques mots de la dernière phrase, au point final.

Quatorze fois je me suis fait surprendre ! Pas une seule fois, je ne l’ai vu venir ! Quatorze fois j’ai goûté ce plaisir en me remémorant ce « truc » des magiciens qui accaparent votre attention sur leur innocente main droite et préparent, avec la main gauche qu’ils ont mis toute leur persuasion à vous faire oublier, le « tour » magique, la chute impossible qu’ils dévoilent avec un énorme sourire mi-étonné, mi-enjoué.

Une grand-mère résistante. Une actrice de film pornographique. L’ombre d’Hemingway à La Havane. Une affluence à un enterrement. Et tant d’autres personnages et situations. Impossible d’en dire plus, ce serait les trahir. Alors, je vous recommande ces quelques instants de bonheur entre ces pages qui dévoilent une plume incisive.



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