Vers la beauté, David Foenkinos et la consolation de l'art

Laure Besnier - 13.04.2018

Livre - Vers la beauté Gallimard - Foenkinos dernier livre - Livre Art


Les noms de Modigliani, Théodore Géricault, Otto Dix ou encore Charlotte Salomon traversent Vers la beauté (Gallimard), échos d’expériences artistiques et de vies singulières. Dans des récits soignés qui s’entremêlent simplement, David Foenkinos propose une ontologie de l’art et de ses chocs, de ses résonances et de son souffle, de ses effets et de ses adoucissements. 





« La beauté de l’art est consolatrice […]. L’œuvre d’art, quand elle est vraiment belle, est quelque chose de complet, d’achevé. Les siècles en se succédant n’y ôtent et n’y ajoutent rien. Par là, elle nous donne une sensation de plénitude et de sublime repos » disait Jean Jaurès lors d’un discours au lycée d’Albi, le 31 juillet 1888. Le même sentiment semble avoir étreint Antoine Duris, le héros de David Foenkinos dans son dernier ouvrage, Vers la beauté

Ce dernier arrive un matin au Quai d'Orsay pour postuler en tant que gardien de salle. Mathilde Duttel, la Directrice des ressources humaines du musée, le reçoit et s’étonne de son CV. Ancien maître de conférences à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon (ENSBA) : n’est-il pas trop qualifié pour le poste ? Intriguée, elle finit tout de même par l’engager. 

Mais Antoine est un homme peiné, mystérieux. Il a tout quitté pour venir vivre à Paris, sans donner son adresse à personne et sans donner les véritables raisons de son départ, prétextant auprès de ses proches avoir envie de s’exiler pour écrire un roman. Sa seule envie ? Exécuter son travail de gardien de salle, fasciné par la rétrospective Modigliani qui a cours au musée – artiste sur lequel il a par ailleurs écrit sa thèse. 
 

L’art comme secours 

 

Pour l’ancien professeur, l’art c’est la beauté. Celle-ci lui permet de s’oublier – lui et ses tristesses – et de s’immerger dans l’oeuvre. Au fur et à mesure, Vers la beauté retrace la vie d’Antoine et celle de ceux ou celles qui ont partagé sa vie. Chaque rapport à l’oeuvre et à l’art est disséqué, réfléchi, à la manière dont le héros anime ses travaux dirigés à l’Université. 
 

L’art comme thérapie, reconstruction, évasion, précipitation, refuge, réparation, consolation… Tous les effets de la beauté sont explorés tandis que l’écriture de David Foenkinos tente de faire vivre des tableaux, des artistes. Puis, au fur et à mesure, art et réalité s’entrelacent, le premier incitant la seconde à changer. 

 

L'art, sens à la vie ou à la mort
 

Si l’oeuvre peut aider à vivre, elle peut aussi cristalliser un moment de désespoir absolu (que nous ne révélerons pas ici, sous peine de donner la raison du départ d’Antoine Duris à Paris). Dans l’ouvrage de David Foenkinos, Éros et Thanatos, convoqués, se promènent, dessinant correspondances et parallèles dans la peinture comme dans la vie des personnages. 
 

Ainsi de la vie de Modigliani, que l’ancien professeur connaît par coeur. Après la mort de l’artiste, sa muse et compagne, Jeanne Hébuterne se jette du cinquième étage, alors qu’elle était enceinte de leur deuxième enfant. « Elle s’est tuée une journée plus tard. Le temps de faire d’abord quelque chose de magnifique. » On vous laisse le découvrir. 



David Foenkinos – Vers la beauté – Gallimard – 9782072784873 – 19,00 €




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