Viens plus près, Sara Gran

Clément Solym - 13.01.2010

Livre - viens - plus - pres


Messieurs, si un beau matin, après seulement deux ou trois ans de vie commune, voire de mariage, votre épouse se montre grinçante, cynique ou détestable, elle peut ne pas être simplement en proie aux affres du concubinage. Non. Si la vie à deux parvient à gâcher pas mal de choses, du moins une autre hypothèse expliquera tout aussi bien son changement de comportement : elle est possédée. Si. Et pas d’une hystérie tout aussi féminine que consensuelle : non, la vraie possession démoniaque, celle que Satan soudain l’habite, et qui vous fera virer chèvre.

Les principes premiers de ce cas de figure sont assez clairement détaillés dans l’ouvrage que l’on voudrait nous faire croire fictionnel de Sara Gran. Le personnage d’Amanda, derrière lequel l’auteure se dissimule péniblement, renoue en effet contact avec une amie imaginaire tirée de son enfance, répondant désormais au nom diabolique de Naama. Oui, dans un premier temps, vous penserez, Démon qui roule des mécaniques, Naama spamme, ouste. Mais il n’en est rien.

Alors que le job d’architecte (et comme par hasard, Sara a fait disparaître de sa biographie toute possible expérience dans ce secteur) rapporte à Amanda les honneurs, voilà que cet être infernal prend progressivement possession de son esprit, et par conséquent de son corps. Aussi la douce Amanda vire peu à peu à l’Amazon farouche, puis à la folle dangereuse, avant de tuer des gens, en commençant par tenter de noyer des enfants.

Alors, histoire sinistre, qui, sous couvert de récit fantastique, ne fait que raconter l’expérience vécue d’une femme aujourd’hui soumise aux vicissitudes que lui impose une réincarnation de la femme rejetée jadis par Adam ? À n'en point douter. Force détails, force anecdotes, force horreurs nous sont contés, avec tant d’efficience que l’on croirait assister à une réunion des possédés anonymes. Aussi, messieurs, j’en appelle à votre bon sens, demandons un exorcisme de Sara. Après tout, son livre est tout aussi nocif que son attitude à elle.

Néanmoins, et circonstances atténuantes, en nous racontant sa libido frénétique, ses comportements erratiques, sa vie de possédée, elle nous livre là des clefs indispensables pour savoir repérer des cas d’emprise démoniaque sur notre moitié. À cet effet, la sagesse populaire recommande dans toutes circonstances de brûler d’abord et d’attendre que Dieu reconnaisse les siens. Après tout, autant ne prendre aucun risque : la possession, c’est du sérieux.

Du reste, son message est net, mais pour qui a déjà été confronté à un cas de possession, l’affaire Sara Gran n’a rien de particulièrement excitant. Tout au plus ressentira-t-il le frisson du souvenir, lui donnant envie de retourner dans la cave où il a attaché la dernière créature où Satan loge, pour se remémorer le bon vieux temps. C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures conserves. C’est avec les vieilles succubes que l’on fait les bons bûchers. Les Anglais le savaient, en brûlant Jeanne d’Arc, célèbre femme au foyer.

Allez, je vous laisse, j’ai un inquisiteur à la maison pour dîner…



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