Beelzebub tome 1 de Ryuhei Tamura

Clément Solym - 28.04.2011

Manga - beelzebub - ryuhei - tamura


Beelzebub, un des titres très populaires du Shonen Jump, arrive enfin en France et c'est à Kazé que l'on doit cette bonne nouvelle. Pour la petite histoire, l'auteur de ce manga, Ryuhei Tamura, était l'assistant de Toshiaki Iwashiro (auteur de Psyren). C'est en plaisantant avec lui que Ryuhei Tamura invente les premiers éléments de l'histoire de Beelzebub.

Tout cela aurait pu rester une plaisanterie entre mangaka mais le responsable éditorial de Tamura, lui, a pris cela très au sérieux. Dans la foulée il a demandé à Toshiaki Iwashiro l'autorisation de débaucher Ryuhei Tamura afin qu'il travaille sur cette idée. Et voilà, Beelzebub allait naître et la carrière de Ryuhei Tamura prendre un tournant décisif.


L'histoire :
Tatsumi Oga est un lycéen, mais aussi est surtout une racaille. Il passe son temps à se battre et prend son pied à voir les autres le supplier à genoux. Il est tellement violent qu'il a été surnommé « le Fou Furieux » ou encore « Oga le démon ». Seulement un jour, cette vieille habitude de mettre les gens à genoux va lui jouer un bien sale tour. En effet, c'est après s'être adonné à cet exercice qu'il voit flotter dans la rivière un homme d'une stature impressionnante.

N'écoutant que son bon coeur (parce que oui il a quand même bon coeur... enfin on imagine que oui) il repêche l'homme qui aussitôt se fend en deux pour laisser apparaître... un bébé. Plus tard, il va rencontrer Hildegarde, la servante démoniaque du bébé, qui va lui apprendre que ce petit bout de chou est en fait le diable venu exterminer l'humanité.

Humour absurde et scénario barré
Il faut bien avouer que l'idée de base du scénario est relativement originale. Placer une racaille dans le rôle du père du diable et faire peser sur ses épaules l'éducation du bébé afin qu'il ne détruise pas l'humanité, c'est assez barré. Et ce premier tome bourré d'humour absurde (les situations, les noms des personnages...) se lit d'une traite. Les bases de l'histoire sont bien posées, les grands de caractère des personnages sont clairement mis en place, il ne reste plus à espérer que la mayonnaise prenne.

Cela dit, il y a quand même un peu de facilité dans ce premier tome. Le personnage principal n'est pas vraiment une racaille, juste un type un peu bagarreur qui n'aime pas qu'on vienne le chercher (un grand classique du genre). Les antagonismes ne sont pas clairement marqués. Il est normal que Hildegarde suive Oga pour ne pas perdre le bébé de vue. Mais elle accepte peut-être un peu trop facilement qu'Oga fasse tout ce qu'il peut pour éviter que Beelzebub (le bébé) ne devienne le destructeur de l'humanité. Quoi qu'il en soit, il n'y a rien de dramatique là-dedans, les situations ont le temps d'évoluer. Et il ne faut oublier que dans cet univers même le diable suprême (le vrai père de Beelzebub) préfère jouer aux jeux vidéo que de détruire l'humanité.

L'art de déformer les visages
Au niveau des dessins, le trait est relativement propre. Et l'on reconnaîtra à Ryuhei Tamura un grand talent pour dessiner des têtes de méchants (très très méchants) et des visages déformés (par une joyeuse méchanceté ou par un coup puissant). Le découpage, lui, reste très académique avec des vignettes relativement bien alignées dans les planches et peu de fantaisie. Le rythme enfin est plutôt bien maîtrisé. Si l'on n'est pas suspendu à la prochaine page, on n'arrive tout de même pas à décrocher de l'histoire avant la fin.

Beelzebub
tome 1 inaugure une série avec un fort potentiel, principalement humoristique, et l'on espère que l'auteur, Ryuhei Tamura, saura en tirer le meilleur. Un antagonisme plus fort entre les humains et les démons et un découpage un peu plus fou pourraient vraiment apporter un plus à ce titre. Cela dit, on reste en présence d'un manga bien construit, original, drôle et accrocheur. Vivement le tome 2 (il devrait sortir le 23 juin prochain).

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