Bye bye, my brother : boxe et culpabilité, par Yoshihiro Yanagawa

Clément Solym - 02.01.2013

Manga - boxe - culpabilité - mort


C'est une histoire de passion que livre Yoshihiro Yanagawa, signant avec Bye bye, my brother, son premier livre traduit en français. Sous couvert de personnages félins, et de tout un univers peuplé de chats, particulièrement humains, il raconte l'histoire d'un boxeur dont la carrière prometteuse le destinait aux plus hautes récompenses. Nidô, boxeur prodige, certes, mais dont le destin sera fauché par un coup de couteau malheureux...

 

 

Mais Nidô est avant tout une âme brisée : abandonnés avec son jeune frère par leurs parents, les jeunes chatons vendent des magazines d'occasion dans les rues pour survivre. Jusqu'à ce jour de pluie où Shirô, le plus jeune, va tomber en pleine rue. Emporté par une pneumonie, il va laisser Nidô seul, sans plus aucun espoir. 

 

La boxe deviendra alors autant un refuge qu'une nouvelle voie : tenter de prendre sa revanche sur la vie, sans parvenir pour autant à surmonter la culpabilité. Sur le ring, Nidô deviendra un athlète hors pair, remportant son premier match par un KO fantastique et rapide, et au cours de ses matches suivants, restera invaincu. 

 

Et puis, c'est dans la rue de nouveau que le destin lui volera sa vie, une autre fois. Un petit truand vient de commettre un vol, et Nidô, tentant de le raisonner, sera poignardé au genou. Rien à faire : il ne pourra plus boxer. Un adieu aux cordes, un retour à la vente de magazines, dans les rues. Ces rues qui lui auront tout pris.

 

Sous le regard du Dieu de la mort, gros chat noir habillé de vêtements XIXe siècle, avec un haut-de-forme et de fines moustaches, Nidô va tout de même rencontrer un jeune boxeur, à qui il tentera de transmettre sa passion. Une nouvelle chance qui s'offre, et qu'il faudra saisir, avec les conséquences que cela implique...

 

 

{CARROUSEL}

 

 

Si le scénario est chargé d'émotion, le dessin de Yanagawa est brûlant de sincérité. Au travers de cette fable, c'est une histoire très personnelle qu'il raconte, prenant pour prétexte des chats et la boxe, pour plonger dans un monde cruel, peut-être, mais d'où l'espoir n'est pas absent. 

 

« Pour moi, cette oeuvre est particulière, car je l'ai dessinée en y intégrant différents sentiments éprouvés tout au long de ma vie, soit dans des périodes professionnelles difficiles, soit lors de moments touchants du quotidien. J'ai essayé de m'y exprimer sincèrement et humblement, sans retenue et sans excès, en employant un style de dessin que je n'avais jamais utilisé auparavant. Et j'ai fait tout cela comme si j'étais revenu à l'époque où je voulais devenir mangaka. Pour toutes ces raisons, il est possible que vous pensiez que cette histoire est basique, puérile, un peu démodée ou trop fantastique », explique l'auteur. 

 

Mais il n'en est rien. Cette oeuvre est poignante, parfois difficile, effectivement, mais fluide et bercée d'une tendre amertume. La mort, omniprésente, accompagne les personnages, moqueuse, railleuse... Pourtant, elle-même n'échappe pas à une certaine humanité. C'est simplement magnifique...