Liar Game tome 1 de Shinobu Kaitani

Clément Solym - 06.09.2010

Manga - liar - game - mensonge


Liar Game tome 1 de Shinobu Kaitani publié chez Tonkam nous plonge dans un jeu à la limite de la torture mentale où avoir de solides nerfs, une bonne connaissance de la psyché humaine et une certaine facilité à mentir sont des qualités vitales. Clairement.

Histoire de bobards


Nao Kanzaki est une jeune fille très honnête et très gentille à la limite de la naïveté, ce qui lui a d'ailleurs valu le surnom de « Nao la Naïve ». Un jour, elle reçoit un colis accompagné d'une carte. Sur celle-ci, on lui annonce qu'elle a été sélectionnée parmi 100 000 personnes pour participer au Liar Game Tournament. De petits caractères précisent qu'elle ne doit ouvrir le colis que si elle accepte de participer.


Jusque-là rien de bien méchant : la jeune fille poussée par la curiosité décide donc d'ouvrir le colis. Et là, elle y trouve 100 millions de yens (environ 740 000 euros) et une autre carte. Sur celle-ci est indiqué que sa participation au jeu est validée et qu'aucune rétractation n'est possible. Le but du jeu ? Conserver ces 100 millions pendant un mois, mais attention elle devra faire face à un autre joueur, lui aussi en possession de 100 millions. Celui qui vole les 100 millions de l'autre pourra les conserver. Si un des joueurs ne peut pas rendre les 100 millions qui lui ont été attribués au début du jeu, il devra rembourser les organisateurs avec ses propres deniers.

Le « jeu du menteur » ou la guerre des nerfs

Le premier tome de Liar Game se penche sur l'affrontement psychologique entre Nao Kanzaki et son adversaire, Kazuo Fujisawa, le prof principal de la jeune fille lorsqu'elle était en 4e. Et le moins que l'on puisse dire c'est que l'ambiance est tendue. Les deux personnages luttent pour ne pas craquer dans la guerre des nerfs qu'ils ont décidé de se livrer. Dès le premier tome de cette série qui est encore en cours de publication au Japon (12 tomes sont parus), le mangaka excelle dans l'art de ménager le suspens et de créer une ambiance pesante en constante tension.

Il faut aussi lui reconnaître, un certain talent dans l'analyse psychologique. On est maintenu en haleine tout le long de ce tome et même s'il n'y a que très peu d'événements dans le scénario au final, on ne peut décrocher de la lecture. Avec la conclusion de ce tome, on sent qu'un piège terriblement machiavélique se referme sur Nao Kanzaki, et l'on ne pourra pas résister à l'envie de se jeter sur le deuxième opus. Ce premier tome promet une excellente série avec de grandes tensions, du suspens, des arnaques de haut vol et des personnages dont les dispositions mentales quoiqu'extrêmes sont tellement bien décrites qu'ils en deviennent tout à fait crédibles.

Un style entre réalisme et délires graphiques

En ce qui concerne le dessin, le mangaka a opté pour un style très réaliste qui colle parfaitement à l'ambiance du titre, avec des personnages relativement anguleux. Une chose frappe et ce, dès le premier coup d'oeil à la couverture, qui ne manquera pas d'accrocher les potentiels lecteurs : l'importance et le travail accordé aux yeux. Très ronds, assez gros et généralement exorbités, ils attireront le lecteur, et c'est une bonne chose car avec son travail sur ceux-ci Shinobu Kaitani fait passer des informations sur l'état psychologique de ses personnages. En fait, il n'y a que l'avocat qui possède de petits yeux fuyants.

On notera aussi, quelques petits délires dans le charac-design avec notamment des visages déformés, toujours dans l'optique de donner des éléments sur l'état psychologique du personnage. On ne relèvera que deux petites fausses notes. La première page en couleur qui n'est vraiment pas réussie et une certaine légèreté sur les arrières-plans qui sont relativement souvent oubliés par le mangaka. Peut-être était-ce une manière de sous-ligner plus fortement les expressions de visage des personnages...

Liar Game
tome 1 de Shinobu Kaitani, publié aux éditions Tonkam est un petit bijou de suspens et de psychologie à l'ambiance tendue qui ne laissera respirer ni les personnages, ni les lecteurs. Pour le plaisir de tous, enfin peut-être pas celui des personnages... On appréciera le trait particulier de Shinobu Kaitani et le gros travail porté sur les expressions des personnages. Le manque d'arrières-plan ne sera pas une gène à la lecture et si l'on aime l'ambiance de ce titre on se précipitera en librairie pour se procurer le tome 2.


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