Quand, invisibles, Adam et Ève massacrent des chefs yakuzas

Florent D. - 24.10.2017

Manga - homme femme invisiblesa - yakuzas japon mafia - jardin Eden renaissance


La mythologie chrétienne n’a pas fini de fasciner les mangakas et de leur inspirer des récits totalement fantasques et fantastiques. Et partant des éléments les plus prosaïques, Hideo Yamamoto et Ryôichi Ikegami ont décidé de nous embarquer très loin dans la physique quantique et le jardin d’Eden... Adam et Ève sont de retour...

 


 

 

C’est une voiture de sport, conduite par une simple paire de gants blancs, qui fusent sur l’autoroute : sur son passage, elle va neutraliser un policier. Et si les gants ne suffisaient pas à créer la confusion, voici qu’une paire de chaussures en croco, sort également de la voiture. Et la suit une paire de talons hauts, qui avec une grande élégance, avance vers un bar...

 

Et là, on nage déjà dans le plein délire : l’homme et la femme invisibles, manifestement agissant de concert, ont décidé de prendre un verre ? 

 

Du tout : dans ce bar, entouré d’escorts, les 7 chefs de clans yakuzas, viennent discuter de l’avenir du Japon. Ils se sont partagé les territoires, connaissent les limites de chacun, et savent que la concertation est l’unique voie pour préserver leurs intérêts. Dans cette réunion au sommet de la mafia japonaise, l’arrivée de la femme et de l’homme invisibles provoquera quelques dégâts. 

 

En fait, tous vont mourir, les uns après les autres, façon dix petits nègres. Mais ce n’est pas Agatha Christie aux commandes. Moralité, la pègre japonaise va passer un très sale quart d’heure...

 

 

 

 

Oubliez l’ultra-violence prétendue des mangas – ici, la violence est présente, et même quelques éléments sexuels, assez étonnants : on ne donnera pas nécessairement ces deux volumes aux plus jeunes... La violence n’est pas l’objet : si, dès les premières pages, on a bien compris que personne ne survivra, la question reste, obsédante, de comprendre le pourquoi de ce jeu de massacre. 

 

Quant à comprendre qui sont les assassins, il faudra attendre le tome 2 pour en entrevoir la réalité, avec des explications parmi les plus fantaisistes, et pourtant, pas totalement folles. 

 

Au cœur de ce diptyque, c’est l’exploration des sens qui s’opère : chacun des chefs de clans possède une capacité sensitive ultra-développée. Est-ce ce qui les réunit ? Mais alors, pourquoi les abattre méthodiquement ? Une vengeance clanique organisée avec des démons ? Le jeu sordide de deux créatures venues d’un autre monde ? 

 

Adam et Ève est un huis clos qui finit par être obsédant, chaque page apportant plus de questions que de réponses. Passionnant, méticuleux, et avec une intelligence incroyable, on aime, on vous le recommande et même pour vos amis... Rendez-vous le 2 novembre.

 

 

 

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Hideo Yamamoto, Ryôichi Ikegami – Adam et Ève, Tome 1 – Editions Kaze – 9782820329257 – 8,29 € / t.2 9782820329264 – 8,29 €