10 ans après, Lauren Weisberger et son éditeur retrouvent le Diable

Antoine Oury - 06.11.2013

Edition - International - Lauren Weisberger - La Vengeance en Prada - Le Diable s'habille


Le monde de l'édition tremble : pas à l'annonce du retour de Miranda Priestly, alter ego inavoué d'Anna Wintour, mais pour celui de Lauren Weisberger, à l'occasion de la suite à son succès Le Diable s'habille en Prada, best-seller international en 2003. De passage à Paris, l'auteure a pu découvrir les collections d'Azzedine Alaïa, au sein du Palais Galliera.

 

 

Lauren Weisberger et Deborah Druba

Lauren Weisberger et Deborah Druba (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 


Une décennie est passée : la jeune femme a acquis en maturité, quitté son travail d'assistante harassant, et profite d'un succès inattendu. Mais de qui parle-t-on ? D'Andrea Sachs, héroïne du premier ouvrage de Weisberger, sorte de transcription autobiographique, quand bien même l'auteure ne l'a jamais revendiqué. À la tête de son propre journal, Sachs mène sa propre barque, encore secouée, de temps à autre, par les souvenirs du Diable.

 

« Je n'avais pas prévu l'écriture de cette suite, j'ai simplement pensé que le moment était venu, 10 ans après, pour découvrir ce que les personnages étaient devenus. Je ne voulais pas seulement reprendre directement après le premier, je voulais vraiment créer cette histoire en arrière-plan », explique Weisberger, qui a choisi d'offrir une indépendance sensible à son héroïne.

 

Toutefois, les affiches promos l'annoncent : « Miranda Priestly est de retour... » Et c'est bien elle que les lecteurs attendent, le tyran incarné avec jubilation par Meryl Streep dans l'adaptation hollywoodienne sortie en 2006. Pour cette suite, toutefois, pas encore de proposition des studios pour le passage au long-métrage. Plutôt décevante, la suite n'intéresse que lorsque le Diable fait son apparition, quand l'intrigue sentimentale noircit seulement les pages.

 

Quand bien même, Vengeance en Prada constitue un petit trésor éditorial, publié par la maison habituelle de Weisberger pour la France, Fleuve Noir : « Nous éditons Lauren Weisberger depuis son premier livre, donc nous avons pu créer une relation de confiance, c'était assez clair qu'elle allait rester avec nous. C'est une auteure avec des grosses ventes, mais cela n'a pas été particulièrement difficile d'obtenir cette suite », explique Deborah Druba, directrice éditoriale de Fleuve Noir.

 

Une sorte de règle morale dans l'édition, qui veut qu'un éditeur ayant publié le premier ouvrage d'une suite a de grandes chances d'obtenir le suivant, sans concurrence agressive de ses confrères : Albin Michel est ainsi susceptible d'obtenir le prochain Bridget Jones.

 

L'enjeu est important, tout de même, avec 100.000 exemplaires pour le premier tirage, et l'espérance de bonnes ventes pour les fêtes : « Traditionnellement, ce type de livre sort plutôt l'été. Mais, sur un ouvrage, nous n'avions pas pu tenir cette date pour cause de manuscrit rendu trop tard, et nous sommes rendu compte que le sortir à Noël était très bien. Finalement, il n'y a pas vraiment de saisonnalité pour ce type d'ouvrages. »