Une prime de 11,6 millions € pour le PDG de la Fnac, 'réinvestie'

Clémence Chouvelon - 18.06.2015

Edition - Economie - Fnac - Alexandre Lombard - Canard Enchaîné


Le Canard Enchaîné révèle, ce mercredi, que le PDG de la Fnac Alexandre Bompard, pourrait, en récompense de son plan de redressement de l'entreprise, recevoir une prime estimée à 11,6 millions € en juillet prochain. La direction de la Fnac s'est empressée de réagir et explique que cette somme sera réinvestie en totalité dans le groupe. 

 

Alexandre Bompard - Prix Fnac BD 2015

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

Après plusieurs centaines de suppressions d'emplois et quatre plans sociaux en huit ans, la Fnac a enregistré un bénéfice net de 41 millions € et 3,9 milliards € de chiffre d'affaires en 2014. Et la valeur de son action a plus que triplé depuis son introduction en Bourse en 2013. PDG de la Fnac depuis 2011, Alexandre Bompard s'est vu récompensé pour le redressement de l'entreprise de 197 925 actions, convertibles en argent, « pour deux tiers en octobre 2015 et pour un tiers en juillet 2016 », comme précisé dans le rapport du conseil d'administration Fnac. 

 

À un peu plus de 18 € l'action, Alexandre Bompard toucherait déjà 3,6 millions €. Et si le cours de la Bourse se maintient en juillet, ses actions pourraient lui rapporter plus de 40 € à l'unité, un bonus de près de 8 millions d'euros supplémentaires, en plus des 3,6 millions €, soit un total de 11,6 millions €.

 

Le 29 mai dernier, François-Henri Pinault et son père, François Pinault, propriétaires de la Fnac à 39 %, soulignaient qu'une telle somme, après les difficultés subies par les salariés de l'entreprise, pouvait « faire mauvais genre ». Pour éviter toute polémique, le groupe a précisé que son PDG investirait tout cet argent dans l'entreprise, pendant les deux années à venir.

 

Alexandre Bompard ne touchera donc que son salaire fixe et son salaire variable, près de 1,8 million €. Le groupe a tenu à rappeler qu'en 2013 et 2014, il n'avait rien reçu au titre du plan de performance mis en place en 2013. 

 

Le patron du Medef, Pierre Gattaz a déclaré à l'antenne de France Info ne pas être choqué, et qu'Alexandre Bompard « a redressé la Fnac, et bien bravo, il a droit à un bonus, à quelque chose » et d'ajouter qu'il « faut récompenser le talent, le résultat, l'effort à tous les niveaux » à condition d'un « partage de richesse ». 

 

(via Le Canard Enchaîné, RTL