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11 mai : rouvrir tous les commerces, sauf la restauration

Victor De Sepausy - 23.04.2020

Edition - Librairies - librairie commerce déconfinement - Bruno Maire commerces - activités loyer commerces


S’il demeurait encore quelques doutes, le ministre de l’Économie vient de les lever. Celui qui s’était déjà déclaré favorable à l’examen de l’ouverture des librairies, sous conditions, vient d’exprimer officiellement ses désidératas. Tout rouvrir, sauf ce qui a trait à la restauration.

Librairie l'Acacia (Paris)
ActuaLitté CC BY SA 2.0
 

Piégé par inadvertance — une vilaine confusion linguistique autour du mot « librairies », terme qui en Belgique désigne des kiosques à journaux — Bruno Le Maire avait créé malgré lui une ligne Maginot. D’un côté les partisans de l’aménagement, qui s’est finalement organisé malgré tout, de l’autre ceux qui refusaient la réouverture prématurée.

Invité par France Info, Bruno Le Maire a indiqué que le pays sortait de « la phase de crise », se préparant à aborder une nouvelle transition : celle de la reprise de l’activité économique. 

« Nous souhaitons que tous les commerces puissent rouvrir le 11 mai, par principe d’équité, je laisse simplement de côté la restauration, les bars et les cafés qui feront l’objet d’un traitement spécifique », indique le locataire de Bercy. Et d’ajouter que le retour à la normale interviendra dans un troisième temps, « mais nous n’y sommes pas ». 

Mi-avril, le Syndicat de la librairie française affirmait que la réouverture des points de vente ne pouvait s’opérer qu’avec une certaine maîtrise. « Pour les commerces de détail, dont les librairies, le SLF demande qu’un protocole sanitaire fixant les règles à l’égard des salariés et des clients soit défini par le gouvernement. Ce cadre devra tenir compte des spécificités des commerces (superficie, étages, entrées uniques ou multiples...) et déterminer les équipements sanitaires obligatoires ou recommandés pour les salariés comme pour les clients », indiquait un communiqué.

C’était au lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron, mais en l’état aucune information ne confirmait que les librairies faisaient bien partie des commerces habilités à recommencer la vente. Plusieurs fois sollicité, le ministère de la Culture répondait à ActuaLitté qu’il fallait attendre pour avoir une réponse.
 

Sécurité, maître-mot


De même, les déclarations de Bruno Le Maire relèvent de nouveau du vœu pieux, mais donnent une orientation plus claire sur les boutiques qui pourraient au 11 mai ouvrir leurs portes. 

Côté sécurité, Bruno Le Maire insiste sur les impératifs : « Il faut que tous les commerces qui rouvrent, les activités qui reprennent se fassent dans des conditions de sécurité sanitaire totale pour les salariés, les entrepreneurs et les commerçants. » 

Quant à la possibilité que le déconfinement s’opère par régions, il reviendra aux autorités sanitaires de formuler des recommandations. Ces dernières auront également à charge de trancher sur la nécessité du port du masque, vaste débat…

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, élabore avec Bercy « un protocole national de déconfinement. C’était la proposition de la CFDT qui est une bonne proposition, qui a fixé un certain nombre de règles qui peuvent s’appliquer pour tous, et ensuite sur des guides métier par métier ». 
 

Les bailleurs et les commerçants


Reste alors la question des loyers, pour les petites entreprises — celles de moins de 10 salariés, et nombre de librairies en font partie. À ce jour, des aménagements ont été possibles avec les bailleurs, et Bruno Le Maire rappelle que les grandes foncières ont annulé « trois mois de loyers ». 

Pour les autres commerçants, des médiations interviendront : Jeanne-Marie Prost a été nommée pour ce faire. Elle devra régler le dialogue et les échanges pour les chaînes et enseignes. Et surtout « apporter des solutions pour qu’on allège la charge des loyers pour les commerces de taille moyenne ou de taille plus importante », confirme Bruno Le Maire.
 
Les 16 Fédérations du commerce ont salué cette nomination, rappelant que 2,6 millions d’emplois et des 400 000 entreprises du commerce dépendent des solutions qui seront trouvées. 

« Depuis leur fermeture, les commerces, quelle que soit leur taille, subissent une perte de chiffre d’affaires considérable et doivent assumer des coûts de fonctionnement lourds notamment à travers le portage des stocks, indispensables à la reprise économique post-crise. En plus de ces coûts, les loyers représentent jusqu’à 20 % de notre chiffre d’affaires. Ils asphyxient l’écosystème tout entier », indique le communiqué. 

Dans ce contexte et déterminées, les Fédérations rappellent leurs demandes formulées auprès de tous les bailleurs, dans la lettre ouverte qu’elles ont adressée mardi au Premier ministre, au Ministre de l’Économie et des Finances et la Ministre du Travail :
 
• L’annulation des loyers durant la période de fermeture des commerces et cela pour l’ensemble des points de vente accueillant du public.
• L’adaptation du montant du loyer à la réalité de l’activité dans les mois à venir, compte tenu d’une reprise qui sera très progressive et donc risquée économiquement et socialement.


A suivre…


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