16.000 postes supprimés 'sans problème' : Luc Chatel, ce magicien

Clément Solym - 09.07.2010

Edition - Société - postes - supprimer - chatel


Quand il décide de renvoyer, ou de supprimer des postes, Luc Chatel, ministre de l'Éradication Éducation nationale, il sait où taper. Ainsi, 16.000 postes doivent disparaître de la fonction professorale pour la rentrée de 2011, et le ministre L'Oréal sait pertinemment comment s'il prendre.

Alors qu'entre 2008 et 2010, près de 40.000 postes ont déjà été supprimés, parvenir à en ajouter 16.000 de plus ne lui fait pas peur. Tout cela se passera « sans problème » et Luc n'est « pas inquiet » a-t-il assuré en conférence de presse, hier.

Selon ses informations et autres indicateurs, « on peut faire sans problème 16.000 suppressions de postes en 2011 ». Eh bien c'est parfait. Il est tout aussi vraisemblable qu'avec quelques explosions de produits chimiques - le dimanche, hein, n'allez pas sacrifier des enfants... encore que là, on puisse déjà s'interroger... - il soit aussi possible « sans problème » de fermer des écoles. Et pourquoi pas de regrouper tout le monde dans de grands enclos ?

Je suis mauvaise langue, le ministre n'a bien sûr pas l'intention de dégrader la qualité de l'enseignement en France, il en avait d'ailleurs fait part aux recteurs d'académie lorsqu'il proposait, début juin, quelques suggestions pour faire tomber encore un peu plus le nombre de postes. Et le tout « sans dégrader les performances globales », mais non sans avoir quantifié « à partir de leviers d'efficience identifiés, les marges de manoeuvre par académie, notamment pour 2011 et 2012 ».

Des suggestions qui avaient révolté la communauté enseignante, mais pour Luc aujourd'hui, « ce qui compte, c'est qu'on y arrive en gagnant en efficacité ». « J'ai pensé que le système éducatif pouvait encore s'améliorer en organisation, pas de la rue de Grenelle, mais au plus près du terrain. »

D'ailleurs, la suite des évènements, le ministre ne s'en fait pas. « Je suis vigilant », explique-t-il tout en notifiant bien qu'il faisait « confiance au professionnalisme des équipes » de l'éducation nationale.

Jack Lang, à l'époque, ne l'avait pas entendu de cette oreille : « Halte à cette casse », lançait le ministre, qui dénonçait « des pistes technocratiques. Je lance un SOS au président de la République : épargnez l’école de la République ! »