17 000 recrutements à l'Éducation nationale : pur coup de pub

Clément Solym - 01.06.2011

Edition - Société - chatel - recrutement - enseignants


Nous avions noté hier, en fin de journée, une étonnante annonce diffusée depuis le site du ministère de l'Éducation nationale, prétendant au recrutement de 17.000 personnes, personnels enseignants et d'éducation. Alors que nous sommes normalement en pleine période de suppression de postes ?

Dans le détail, cette opération ressemble effectivement à un plan de communication, avec ce qu'il peut avoir d'inefficace, une fois décrypté. Ainsi, Philippe Gustin, directeur de cabinet précise à l'AFP que l'on comptera 3000 postes d'enseignants en primaire et 8600 dans le second degré. Et le tout visant prioritairement les étudiants dotés d'un M1, anciennement Bac+4.

Kikikalaplugrossemboch ?


Plan de com', oui, parce qu'il s'accompagne d'un budget de 1,3 million € pour arroser les médias, qui s'en feront alors gentiment l'écho. Et le sieur Gustin de préciser alors : « Le minis­tère de l'Education natio­nale est le pre­mier employeur de France et le pre­mier recru­teur de France et cette cam­pagne est des­ti­née à atti­rer en par­ti­cu­lier les meilleurs, alors même que nous sommes dans un sec­teur de plus en plus concur­ren­tiel. »

Cependant, côté syndicat, on n'a pas vraiment le même son de cloche. Alors que l'Association des maires de France réclame que les suppressions de postes prennent fin et que l'on arrête de saper l'école de la République, le gouvernement répond donc avec un plan publicitaire.

« Je ne suis pas sûr qu'une cam­pagne attire vers les métiers de l'enseignement car ils sont peu attractifs », estime Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa, syndicat des écoles primaires. Sébastien Sihr, du SNUipp FSU, toujours pour les primaires, reprend la balle du vol : non seulement le recrutement est moindre pour les classes primaires, en regard des années passées, mais surtout, il ne voit là qu'une « opé­ra­tion publi­ci­taire des­ti­née à mas­quer les sup­pres­sions de postes ».

Publicitaire, donc coûteuse...


Or, pour cette rentrée, tente de se défendre Philippe Gustin, l'Educnat « sup­prime peut-être 16.000 per­sonnes, mais on a 33.000 per­sonnes qui s'en vont et on en recrute 17.000 autres ». Ce qui devrait amener à l'équilibre, comme on dit dans le commerce...

Surtout si l'on considère les éléments apportés par le Snes-FSU, expliquant que le ministre « oublie de rap­pe­ler qu'il sup­prime dans le même temps près de 14.000 postes d'enseignants et CPE (conseiller prin­ci­pal d'éducation). Le bilan est donc bien de 16.000 ensei­gnants en moins à la ren­trée 2011 ».